L’année 2026 sera-t-elle synonyme de respiration ou de nouveau stress pour les consommateurs ? Derrière les portes closes des négociations commerciales ouvertes le 1er décembre, industriels et distributeurs tentent déjà de fixer les futurs prix qui rempliront les rayons au printemps. Entre déflation annoncée, matières premières en chute ou en envolée, l’équilibre s’annonce fragile.
Une année décisive pour les prix alimentaires
Ces négociations, qui dureront jusqu’au 1er mars 2026, arrivent dans un contexte particulier : après une inflation alimentaire quasi nulle en 2025, plusieurs distributeurs évoquent désormais une possible déflation légère. Le climat est tendu, d’autant qu’une commission d’enquête sénatoriale sur les marges doit bientôt voir le jour, promettant d’influencer les échanges.
Les futurs gagnants : ces produits qui devraient coûter moins cher
Le retour du riz bon marché
Le riz pourrait redevenir l’un des grands bénéficiaires de l’année. Le cours mondial a chuté de 37 %, porté par des récoltes exceptionnelles et le retrait des quotas d’exportation indiens. Résultat : un paquet à moins de 2 € pourrait refaire son apparition pour la première fois depuis 2023.
Les pâtes et certains produits à base de blé
Le blé, en baisse de 14 % sur un an, entraîne dans son sillage la farine et les pâtes. Mais la baisse ne sera pas systématique pour les biscuits, pains ou céréales : comme le rappelle Olivier Dauvers, « Dans ce que l’on paye à la caisse du supermarché, il n’y a pas que de la matière première ».
Sucre et chocolat : un répit possible
Bonne récolte de betteraves, recul du cours du cacao… plusieurs signaux laissent entrevoir une baisse, même si elle pourrait rester modérée dans les produits transformés.
Les futurs perdants : café et viande sous pression
Le café continue de flamber
Le cours mondial a bondi de 28 % et les prix en rayon de 18 %, avec même +26 % pour les cafés moulus. Inondations, sécheresses, gels au Brésil et au Vietnam ont frappé des productions représentant la moitié du marché mondial. La demande, elle, explose, portée par la croissance démographique et de nouveaux consommateurs en Asie.
La viande rouge sur une pente ascendante
Le bœuf affiche +20 % sur un an, le veau +12 %. Les cheptels se réduisent faute de repreneurs, aggravés par des épidémies récurrentes. Moins d’éleveurs = moins d’animaux = prix plus élevés.
2026 : une inflation alimentaire contenue ?
Avec des mouvements opposés selon les catégories, l’inflation globale pourrait se stabiliser autour de 1 %. Pas un soulagement total… mais pas un choc non plus.

