Retraites : ce que les chiffres dévoilent… et que la France préfère taire

sénior peur

En France, les inégalités persistent bien après la vie professionnelle. Les dernières données de l’OCDE révèlent que les femmes perçoivent une pension en moyenne 27 % inférieure à celle des hommes, un déséquilibre bien plus marqué que dans de nombreux pays européens. Comment expliquer une telle différence alors que le système se veut égalitaire ?

Une fracture qui ne se résorbe pas

À l’échelle internationale, l’écart moyen entre les pensions est de 23 %. La France dépasse largement ce seuil. L’OCDE rappelle d’ailleurs que « des crédits ou majoration de pension pour le seul fait d’avoir eu des enfants, qu’il y ait eu interruption de carrière ou pas » sont accordés dans quelques pays, dont la France. Mais ce mécanisme ne suffit clairement pas à combler l’écart.

Derrière ce chiffre, plusieurs réalités se superposent : évolution professionnelle ralentie, rémunérations plus faibles, choix contraints… Un ensemble de facteurs qui s’accumulent sur des décennies.

Quand la maternité transforme la carrière

Les trajectoires professionnelles féminines restent fortement influencées par la parentalité. À poste équivalent, les femmes sont plus nombreuses dans les secteurs faiblement rémunérés, et leur progression est souvent stoppée ou ralentie lors des grossesses ou congés parentaux.

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Ces interruptions ou passages à temps partiel créent des carrières décousues, avec un nombre de trimestres cotisés plus faible. Même avec des dispositifs compensatoires, la perte reste significative au moment du calcul de la retraite.

Les particularités françaises qui aggravent l’écart

Contrairement à d’autres systèmes européens, la France repose lourdement sur la durée de cotisation. Ce fonctionnement pénalise davantage celles qui connaissent des périodes d’inactivité, majoritairement des femmes. Résultat : décotes plus fréquentes, surcotes plus rares.

La différence se renforce ensuite via les retraites complémentaires, qui reflètent directement le niveau de salaire. Or, les postes les mieux rémunérés — donc ceux qui génèrent les pensions les plus élevées — sont principalement occupés par des hommes. Leur espérance de vie plus longue accentue encore l’avantage financier dans la durée.

Une position française encore loin d’être exemplaire

Certains pays parviennent à contenir l’écart sous les 10 %, comme l’Estonie, l’Islande ou la Slovénie. À l’opposé, des nations comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou l’Autriche affichent plus de 35 % d’écart, tandis que le Japon atteint un niveau record de 47 %.

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La France se situe au milieu de ce classement, mais reste nettement au-dessus de la moyenne mondiale, malgré les dispositifs censés corriger les inégalités.

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