La lutte contre la fraude financière franchit un nouveau cap technologique. L’Autorité des marchés financiers déploie des moyens inédits pour débusquer les manipulations de cours et les opérations d’initiés qui gangrènent les marchés boursiers.
Des condamnations exemplaires pour dissuader les fraudeurs
Le Parquet national financier frappe fort. Deux traders et leur complice ont écopé de sanctions record : jusqu’à trois ans d’emprisonnement ferme accompagnés d’une amende colossale de 30 millions d’euros.
Ces peines témoignent de la volonté des autorités d’enrayer les pratiques déloyales sur les marchés financiers.
Une surveillance automatisée à grande échelle
Des algorithmes qui passent tout au crible
L’AMF s’appuie sur une technologie de pointe pour détecter les anomalies. Des algorithmes analysent en continu les flux de transactions transmis par Euronext, les courtiers et les régulateurs européens.
Ce système génère près de 6.000 alertes annuelles en identifiant des aberrations statistiques dans les opérations de marché.
Les professionnels contraints de collaborer
La réglementation impose aux courtiers et établissements bancaires de signaler toute transaction douteuse. Ces acteurs financiers remontent environ 1.600 dossiers suspects chaque année aux autorités de contrôle.
Des pouvoirs d’investigation étendus
L’AMF dispose d’un arsenal conséquent pour mener ses enquêtes. Le gendarme boursier convoque les suspects à des auditions obligatoires et procède à la saisie de leurs courriels professionnels.
Les investigations peuvent s’étendre aux locaux professionnels et domiciles privés, sous réserve d’une autorisation judiciaire. L’analyse des relevés téléphoniques détaillés reste également possible avec un feu vert de la justice.
Les cibles prioritaires de l’autorité
Dirigeants et investisseurs occasionnels dans le collimateur
L’AMF cible principalement les patrons de PME et leur entourage proche, ainsi que les boursicoteurs du dimanche. Une enquête récente a visé l’entourage d’un fondateur de start-up spécialisée dans le secteur médical, dans le cadre d’un projet de rachat.
Les réseaux structurés d’initiés
Des organisations sophistiquées attirent l’attention du régulateur. L’affaire liée au rachat d’Airgas en 2015 a révélé l’existence de réseaux organisés d’initiés opérant de manière coordonnée.
Ces groupes se procurent des informations confidentielles par piratage informatique ou par l’achat de données sensibles.
Un appel à renforcer l’arsenal législatif
Face à la sophistication croissante des fraudes, l’AMF réclame de nouveaux instruments juridiques. Ces outils permettraient de démanteler plus efficacement les réseaux organisés qui exploitent les failles du système.

