Stationnement : des milliers de places supprimées pour sécuriser les piétons d’ici 2026

carrefour_urbain_securise

Une révolution urbaine se prépare dans les métropoles françaises. La législation impose aux collectivités de repenser en profondeur l’organisation du stationnement pour protéger les piétons. Cette transformation massive du paysage urbain touchera des dizaines de milliers d’emplacements à travers le pays.

Une mesure légale contraignante pour toutes les collectivités

Le droit routier impose désormais une règle stricte aux municipalités. L’article L. 118-5-1 du code de la voirie routière établit qu’“aucun emplacement de stationnement ne peut être aménagé sur la chaussée cinq mètres en amont des passages piétons”.

Cette disposition concerne aussi bien les nouvelles installations que le maintien des places déjà existantes. Les communes disposent d’un délai limité : les aménagements doivent être terminés “au plus tard le 31 décembre 2026”.

Des suppressions massives dans les grandes agglomérations

L’impact se révèle considérable dans les principales villes françaises. Lyon perdra 3 300 places, tandis que Lille en supprimera 4 500.

Nantes enregistrera également une diminution proche de 1 000 emplacements. Ces chiffres illustrent l’ampleur du bouleversement qui attend les automobilistes urbains.

Des aménagements multiples prévus

La métropole nantaise détaille les transformations : “l’ajout de marquages au sol, l’installation de supports à vélos, la pose de potelets, ou encore des réaménagements de l’espace public (avancée de trottoirs, végétalisation…)”.

Ces modifications visent à améliorer la visibilité des piétons et à diminuer les accidents impliquant des automobilistes.

Un renforcement progressif de la réglementation

L’article R. 417-11 du code de la route interdit déjà depuis juillet 2015 l’arrêt et le stationnement “sur une distance de cinq mètres en amont des passages piétons dans le sens de la circulation, en dehors des emplacements matérialisés à cet effet”.

Les contrevenants s’exposent à une amende de 135 euros. Le véhicule risque l’immobilisation et la mise en fourrière car les autorités le considèrent comme très gênant.

La fin des exceptions en 2027

À compter du 1er janvier 2027, la réglementation deviendra encore plus stricte. La mention “en dehors des emplacements matérialisés à cet effet” sera retirée de l’article R. 417-11.

Cette modification supprimera définitivement toute possibilité de stationnement dans cette zone de sécurité.

La sécurité des piétons au cœur des préoccupations

Les statistiques justifient pleinement cette démarche. “Dégager les passages piétons, c’est un des grands enjeux de la sécurité routière.”

En 2019, près d’un tiers des piétons décédés dans un accident ont perdu la vie sur un passage piéton. Ce chiffre alarmant motive les autorités à agir.

L’expertise du Cerema mobilisée

Le Centre d’études sur les risques et la mobilité accompagne depuis six ans les collectivités. Son objectif : optimiser la visibilité des traversées piétonnes.

L’organisme insiste : “La distance réglementaire de cinq mètres à l’amont d’un passage piéton n’est pas toujours suffisante” pour garantir la sécurité.

Des recommandations qui vont au-delà du minimum légal

Le Cerema préconise d’adapter la distance selon les caractéristiques de la voie. Dans une rue limitée à 50 km/h, l’organisme conseille d’élargir l’espace de sept à dix mètres.

La simple suppression des places ne garantit pas une protection optimale. Le Cerema précise : “il est préférable d’installer un élément qui soit physiquement dissuasif et de faible hauteur. En effet, un espace vide risque d’être colonisé par d’autres usages, remettant alors en cause le dégagement de visibilité.”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *