Le métier d’enseignant suscite régulièrement des débats sur les conditions de travail et la rémunération. Une récente publication du ministère de l’Éducation lève le voile sur les revenus réels des professeurs en France. Les chiffres dévoilés permettent de mieux comprendre les écarts entre les différents statuts et l’impact des récentes revalorisations.
Des rémunérations qui varient selon le temps de travail
Le ministère de l’Éducation établit le revenu mensuel moyen à 3 090 euros net pour l’ensemble des enseignants, « selon une note du ministère de l’Éducation ». Cette moyenne cache toutefois des réalités contrastées.
Les professeurs exerçant à temps complet perçoivent 3 180 euros net chaque mois. En revanche, ceux qui travaillent à temps partiel doivent se contenter de 2 340 euros net mensuel.
Quels sont les salaires selon les corps enseignants ?
Les revenus varient considérablement en fonction du statut professionnel. Les professeurs agrégés et de chaire supérieure occupent le haut du tableau avec 4 080 euros net par mois.
Les professeurs de lycée professionnel touchent 3 390 euros net mensuel, tandis que les professeurs d’EPS perçoivent 3 180 euros net. Les professeurs certifiés obtiennent 3 130 euros, et les professeurs des écoles ferment la marche avec 2 850 euros.
Le cas particulier des enseignants débutants
Un professeur des écoles stagiaire débute sa carrière autour de 1 800 euros net par mois. Cette entrée dans le métier reflète un décalage important avec les enseignants expérimentés.
Une progression salariale de 6,4 % en un an
Entre 2023 et 2024, le salaire moyen global a connu une hausse de 6,4 %, alors que l’inflation atteignait 2 % en 2024. Pour les enseignants déjà en fonction durant ces deux années, l’augmentation s’établit à 5,2 %, inflation comprise.
Cette progression résulte de « des revalorisations salariales des enseignants, à la fois sur le plan indiciaire et indemnitaire ». Elle s’appuie également sur « l’augmentation de 1,5 % de la valeur du point d’indice de la fonction publique à compter de juillet 2023, qui a un effet en année pleine sur l’année 2024 ».
Les mesures de revalorisation appliquées
Le gouvernement a accordé « l’attribution au 1er janvier 2024 de cinq points d’indice pour l’ensemble des agents de la fonction publique ». D’autres dispositifs ont bénéficié d’ajustements : l’indemnité de suivi et d’accompagnement des élèves (ISAE), l’indemnité de suivi et d’orientation des élèves (ISOE), ainsi que la prime d’attractivité.
La prime d’attractivité représente désormais 3 180 euros brut par an, soit 227 euros net par mois, contre 147 euros net en 2023.
Des grilles indiciaires qui déterminent les rémunérations
Le salaire d’un enseignant dépend de son grade et intègre diverses primes et indemnités. Il peut être influencé par « son corps (professeur certifié, des écoles, agrégés…) et son grade qui le positionnent sur une grille de rémunération ».
Les primes et indemnités pèsent différemment selon le niveau d’enseignement. Elles constituaient « 16 % du salaire brut d’un enseignant du premier degré » et « 21 % de celui d’un enseignant du second degré ».
L’écart entre nouveaux et anciens enseignants
« Les nouveaux enseignants ont un salaire moyen inférieur de 17 % à celui que percevaient les enseignants partis, en raison principalement de la différence d’ancienneté », « précise notamment le ministère de l’Éducation ».
Cette disparité s’explique par le système d’avancement automatique à l’ancienneté. Les professeurs récemment recrutés entrent au premier échelon de leur grille, tandis que les départs concernent souvent des enseignants en fin de carrière.

