Le malaise des entreprises françaises face à la question salariale se révèle au grand jour. Une étude récente met en lumière un fossé entre les rémunérations versées et la valeur réelle du travail fourni, un décalage que reconnaissent désormais les principaux intéressés : les décideurs en ressources humaines eux-mêmes.
Un constat accablant de la part des décideurs RH
L’agence How Much livre des chiffres qui interpellent. Seulement 5% des responsables des ressources humaines considèrent que leurs collaborateurs perçoivent une rémunération équitable. Un quart d’entre eux (26%) répond de manière nuancée par « plutôt oui ».
La moitié environ des décideurs intègrent plusieurs paramètres dans leur évaluation : la charge de travail effective, le coût de la vie actuel, les disparités entre différents métiers et les négociations menées au cas par cas.
Combien faudrait-il ajouter aux salaires actuels ?
Deux tiers des professionnels RH reconnaissent qu’un complément financier s’impose pour atteindre une rémunération juste. Les montants évoqués varient sensiblement selon les situations.
17% des répondants estiment qu’une augmentation comprise entre 100 et 249 euros mensuels suffirait. Une proportion plus importante (24%) situe ce manque entre 250 et 499 euros par mois.
Au-delà de l’argent, une question de reconnaissance
Tous ne voient pas la solution uniquement dans le portefeuille. 11% des responsables affirment que la problématique relève davantage de la reconnaissance que du montant financier. 10% jugent les situations trop hétérogènes pour apporter une réponse uniforme.
Les critères qui façonnent le sentiment d’injustice
Plusieurs facteurs alimentent la perception d’une rémunération inadéquate chez les salariés. Le coût de la vie arrive en tête (21%), suivi de près par la charge de travail réelle (18%).
Les responsabilités accrues pèsent également dans la balance (17%). Les écarts constatés entre personnes occupant des postes comparables suscitent des interrogations (12%). Le manque de moyens financiers de l’entreprise constitue une explication pour 10% des décideurs.
La transparence salariale, une bombe à retardement ?
La directive européenne sur la transparence des rémunérations pourrait rebattre les cartes. Mais les responsables RH redoutent les effets collatéraux d’une telle révolution.
Si un employé découvrait un écart de rémunération de 20% à son désavantage, 28% des décideurs anticipent une demande d’augmentation immédiate. 19% pensent qu’il réclamerait des explications sans nécessairement passer à l’action.
Des tensions prévisibles dans les équipes
17% des responsables estiment qu’une perte de confiance envers l’entreprise surviendrait. Plus largement, 69% anticipent des tensions multiples : comparaisons systématiques entre collègues, jalousies, sentiment d’injustice généralisé.
Les difficultés pour justifier les écarts de rémunération constituent une préoccupation majeure pour les services des ressources humaines. La transparence pourrait certes améliorer les salaires, mais au prix de complications relationnelles importantes.
Méthodologie
Cette enquête s’est déroulée du 3 au 10 juin 2026. Elle a interrogé 1 872 décideurs en ressources humaines.

