Retraites : l’âge de départ repoussé, des milliers de Français gagnent des mois

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Le système des retraites français connaît un tournant inattendu. Alors que la réforme Borne devait progressivement repousser l’âge de départ, un vote au budget de la Sécurité sociale bouleverse la donne. Des milliers de travailleurs peuvent désormais quitter la vie active plusieurs mois avant la date initialement prévue.

Un report massif jusqu’en 2028

Le budget de la Sécurité sociale adopté l’année dernière a décalé l’application de la réforme Borne de 2023. Cette décision gèle plusieurs mesures clés du dispositif.

La marche vers un âge légal de départ à 64 ans se trouve suspendue jusqu’en janvier 2028. Le relèvement du nombre de trimestres nécessaires pour partir à taux plein subit le même sort.

Cinq générations de travailleurs bénéficiaires

La génération née en 1964 illustre parfaitement les effets de cette suspension. Ces travailleurs peuvent partir à 62 ans et 9 mois, soit la même durée que la génération précédente.

La réforme initiale prévoyait un départ à 63 ans. Les concernés peuvent donc quitter la vie active dès octobre 2026 au lieu de début 2027.

« Cinq générations de travailleurs gagnent ainsi quelques mois », observe-t-on dans le secteur.

Une explosion des demandes de départ

La Caisse nationale d’Assurance vieillesse enregistre une évolution spectaculaire. Le nombre de demandes de départ a augmenté de manière « très forte » cette année.

Paul Bazin, le nouveau directeur, souligne que cette hausse était « comme anticipé ». Les services de la Cnav s’étaient préparés à cet afflux de dossiers.

La retraite progressive séduit massivement

Le dispositif de retraite progressive connaît un « succès extrêmement fort ». L’Assurance retraite a enregistré 46.000 attributions de janvier à septembre, contre 22.000 l’an dernier à la même période.

Un mécanisme longtemps méconnu

Ce système permet, à partir de 60 ans et 150 trimestres cotisés, de travailler à temps partiel. Les bénéficiaires touchent une partie de leur pension de retraite, au prorata du temps non travaillé.

Longtemps resté marginal, le dispositif a été « musclé par la réforme Borne de 2023 ». Il est devenu « contraignant pour l’employeur ».

Des droits renforcés pour les salariés

L’employeur « ne peut plus s’opposer à une demande de retraite progressive du salarié, sauf motif légitime ». Cette modification juridique explique en grande partie l’engouement actuel pour la formule.

Des délais de traitement maîtrisés

Malgré l’augmentation considérable du nombre de dossiers, le délai de traitement « ne s’est pas dégradé », précise M. Bazin.

« Plus de 95% des assurés » se voient verser leur pension dans les temps. Les services de la Cnav ont réussi à absorber le flux supplémentaire de demandes sans compromettre la qualité du traitement.

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