L’exécutif présente son plan financier pour les prochaines années. Entre gel des dépenses, ajustements fiscaux ciblés et contribution exceptionnelle des grandes entreprises, l’État tente de redresser la barre sans augmenter massivement la pression fiscale. Un exercice d’équilibriste qui touchera fonctionnaires, retraités et administrations.
Un plan d’austérité massif sur trois ans
Le gouvernement ambitionne de ramener le déficit public à 5% du PIB en 2027, après 5,4% en 2026 et 5,1% en 2025. Pour y parvenir, l’exécutif prévoit un effort budgétaire colossal de 54 milliards d’euros destiné à rétablir l’équilibre des finances publiques.
Cette stratégie de redressement s’appuie principalement sur la maîtrise des dépenses plutôt que sur une hausse généralisée de la fiscalité. Le taux de prélèvements obligatoires augmentera néanmoins légèrement pour atteindre 44,2% du PIB en 2027, contre 43,9% en 2026.
La fiscalité ajustée mais pas alourdie pour tous
L’exécutif écarte formellement toute augmentation généralisée des impôts. Il refuse également un gel du barème de l’impôt sur le revenu par rapport à l’inflation, permettant ainsi de préserver le pouvoir d’achat des contribuables face à la hausse des prix.
La progression modérée des prélèvements obligatoires résultera essentiellement du renforcement de la lutte contre la fraude fiscale et de la réduction de certaines niches fiscales. Cette approche vise à élargir l’assiette fiscale sans créer de nouvelles taxes.
Des ministères régaliens privilégiés, d’autres mis à contribution
Le budget de l’État sera globalement gelé, à deux exceptions notables : la charge de la dette et le budget des Armées. Les ministères considérés comme prioritaires verront même leurs enveloppes augmenter.
La Justice, l’Intérieur, la Défense, le Logement, la Recherche et l’Écologie bénéficieront d’augmentations budgétaires. À l’inverse, d’autres administrations devront consentir des sacrifices importants.
Le ministère du Travail en première ligne
Le ministère du Travail devra réaliser un effort budgétaire particulièrement conséquent de 2,5 milliards d’euros. Cette contribution représente l’une des économies les plus importantes demandées à un ministère.
Les fonctionnaires et locataires touchés par le gel
Le gouvernement prévoit de geler le point d’indice des fonctionnaires, générant 2 milliards d’euros d’économies. Cette mesure impactera directement le pouvoir d’achat de plusieurs millions d’agents publics.
Les aides personnalisées au logement (APL) seront également gelées, affectant les ménages les plus modestes bénéficiaires de ces dispositifs d’aide au logement.
Les retraités appelés à participer à l’effort
L’exécutif réfléchit à plusieurs mesures concernant les pensionnés. L’abaissement du plafond de l’abattement fiscal de 10% sur les pensions à 3 000 euros figure parmi les pistes envisagées.
Une désindexation partielle des pensions par rapport à l’inflation pour certaines tranches de revenus de retraités est également à l’étude. Ces ajustements cibleraient les pensionnés aux revenus les plus élevés.
Les entreprises sollicitées mais préservées
La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sera ramenée à 5 milliards d’euros. Cette taxation temporaire touchera uniquement les sociétés dégageant les résultats les plus importants.
Le crédit d’impôt recherche (CIR) et le pacte Dutreil ne subiront aucune modification. Ces dispositifs, jugés essentiels pour l’innovation et la transmission d’entreprises familiales, sont sanctuarisés.
Ajustements ciblés sur les charges sociales
L’exonération fiscale de certains arrêts maladie sera ciblée de manière plus stricte. Le gel des allègements de charges pour les entreprises sera par ailleurs prolongé dans le temps.
Un coup de pouce aux donations familiales
Le gouvernement propose d’encourager les transmissions patrimoniales au sein des familles. Le plafond exonéré de taxation pour les dons familiaux passerait à 50 000 euros.
Cette mesure vise à faciliter les donations entre générations et à dynamiser la circulation du capital familial sans pression fiscale excessive.

