Les épargnants français scrutent les perspectives de rémunération de leurs placements alors que l’inflation repart à la hausse. Entre produits réglementés qui stagnent et offres bancaires qui tentent de séduire, le paysage de l’épargne connaît une période de turbulences. Tour d’horizon des rendements actuels et des évolutions attendues dans les prochains mois.
Les livrets réglementés maintiennent le cap malgré la conjoncture
Le Livret A et le LDDS affichent depuis le 1er février un taux de 1,5%. Cette rémunération, totalement défiscalisée, devrait connaître une légère révision à la hausse cet été. Les analystes anticipent un taux compris entre 1,6% et 1,8% pour le 1er août 2026.
De son côté, le Livret d’épargne populaire maintient sa position de meilleur placement réglementé avec un taux de 2,5% depuis début février. Ce produit, réservé aux ménages modestes, continue d’offrir un rendement défiscalisé attractif dans un contexte où l’inflation retrouve des couleurs.
L’épargne logement pénalisée par la fiscalité
Le PEL voit son attrait diminuer
Le Plan Épargne Logement affiche depuis le 1er janvier 2026 un taux brut de 2%. Mais attention : après application de la flat tax de 30%, le rendement net redescend à 1,4%. Une performance décevante pour un placement qui engage sur le long terme.
Les détenteurs de PEL ouverts après le 1er mars 2011 doivent composer avec une contrainte supplémentaire : leur plan ne peut vivre que 15 ans maximum. Le prochain ajustement de taux interviendra le 1er janvier 2027.
Le CEL reste en retrait
Avec son taux de 1% avant prélèvements depuis le 1er février, le Compte Épargne Logement peine à séduire. Son évolution dépendra de celle du Livret A, avec une probable révision au 1er août 2026.
Les banques multiplient les offres promotionnelles
Les livrets ordinaires des établissements bancaires proposent en moyenne un taux de 0,75% brut. Un rendement modeste qui pousse les banques à développer des offres plus attractives.
Les “super-livrets” affichent un taux de base moyen de 1,41% brut. Mais c’est surtout grâce aux promotions que ces produits se démarquent, certaines offres atteignant 5,10% de rémunération temporaire pour attirer de nouveaux clients.
Les comptes à terme reprennent des couleurs
Pour les placements d’une durée inférieure ou égale à deux ans, le taux moyen s’établit à 2,22% brut. Les nouvelles souscriptions bénéficient d’un taux légèrement inférieur de 2% brut.
Les comptes à terme de plus longue durée offrent une meilleure rémunération. Le taux moyen atteint 2,41% brut, tandis que les nouveaux contrats proposent jusqu’à 2,62% brut. Un écart qui reflète l’anticipation d’une remontée durable des taux.
L’assurance vie confirme son rebond
Les fonds en euros ont délivré en 2025 un rendement moyen de 2,6% brut. Après application des prélèvements sociaux de 17,2%, le gain net s’établit à 2,15%.
Certains contrats se distinguent nettement de la moyenne. Ampli Mutuelle affiche ainsi 3,75%, tandis que Garance propose 3,5%. Des performances qui redonnent de l’attrait à ce placement longtemps critiqué pour ses rendements déclinants.
Le retour de l’inflation change la donne
L’inflation mensuelle s’est établie à 1,7% en mars 2026. Un niveau bien supérieur à l’inflation annuelle de 2025, qui n’avait atteint que 0,9%.
Les économistes prévoient une inflation autour de 2% pour l’ensemble de l’année 2026. Cette révision à la hausse s’explique principalement par la flambée des prix du pétrole. Un paramètre qui érode mécaniquement le pouvoir d’achat de l’épargne et questionne la rentabilité réelle des placements.

