L’un des placements préférés des Français traverse une période tumultueuse. Bien que plus de huit ménages sur dix conservent ce produit d’épargne réglementé, les sorties d’argent s’accélèrent dangereusement. Le phénomène prend de l’ampleur malgré les efforts des autorités pour redorer son attractivité.
Un désamour qui persiste malgré l’augmentation du rendement
La revalorisation intervenue le 1er août a fait passer la rémunération de 1,5% à 1,7%. Cette progression n’a pourtant pas réussi à convaincre les épargnants de maintenir leurs fonds sur ce support.
Les sorties nettes ont atteint 1,52 milliard d’euros. Un mois de juillet positif avait pourtant laissé espérer un retournement de situation après six mois consécutifs dans le rouge.
Une performance historiquement défavorable
Le bilan semestriel affiche un solde négatif de 5,93 milliards d’euros. Une telle hémorragie ne s’était pas produite depuis deux décennies sur ce placement emblématique.
Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne, a mentionné que depuis 2009, seule l’année 2015 avait un solde négatif au premier semestre. La situation actuelle marque donc un tournant préoccupant.
Les autres livrets réglementés également touchés
Le Livret de Développement Durable et Solidaire enregistre lui aussi un recul. Les dépôts accusent une diminution de 700 millions d’euros.
Le LEP confronté à des fermetures massives
Le Livret d’Épargne Populaire subit une décollecte de 3,03 milliards d’euros. De nombreux détenteurs perdent automatiquement leur éligibilité, entraînant la clôture forcée de leurs comptes.
L’assurance vie capte les flux d’épargne
Pendant que les livrets réglementés s’essoufflent, l’assurance vie bat des records. Les versements ont culminé à 18,8 milliards d’euros en juillet, établissant une nouvelle référence historique.
Eric Buffandeau, directeur adjoint des études de BPCE, analyse : « Les livrets notamment réglementés continuent de pâtir de leur moindre rémunération ».
Des perspectives d’amélioration pour 2027
Le projet de loi de finances prévoit plusieurs ajustements significatifs. Le plafond passerait de 22 950 euros à 30 000 euros, sans surcoût pour les épargnants.
Une rémunération potentiellement revalorisée
L’inflation anticipée au-dessus de 2% pourrait justifier une nouvelle hausse. Le taux pourrait alors grimper jusqu’à 2,60% dès le début 2027, rendant au produit une partie de son attrait perdu.

