L’univers du conseil en investissement n’échappe pas aux dérives. Quand une société se présente comme agréée alors qu’elle ne l’est pas, quand elle commercialise des produits interdits et piège ses clients avec des placements à risque, la facture peut être salée. C’est précisément ce qui vient de se produire pour une entreprise et ses anciens responsables, lourdement réprimandés par l’autorité de contrôle des marchés financiers.
Des amendes et une interdiction d’exercer
La Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) frappe fort. Elle inflige une amende de 300 000 euros à Kerdiz Finance et Conseil. Les deux anciens dirigeants de la structure n’échappent pas non plus à la sanction.
Chacun d’eux devra s’acquitter d’une pénalité de 75 000 euros. Au-delà de l’aspect financier, l’AMF prononce également une interdiction d’exercer la profession de conseiller en investissements financiers pour une durée de cinq ans.
Ces sanctions s’avèrent légèrement inférieures aux demandes initiales. Le représentant de l’AMF réclamait effectivement 300 000 euros contre l’entreprise, mais aussi 100 000 euros contre l’ancien directeur général devenu président, et 75 000 euros contre l’ancien directeur général délégué.
Une série de manquements graves
Entre janvier 2020 et juin 2023, Kerdiz Finance multiplie les pratiques répréhensibles. La société affirmait faussement disposer d’un agrément en tant que prestataire de services d’investissements.
Elle prétendait également, de manière mensongère, bénéficier d’une autorisation de l’AMF pour distribuer certains produits financiers, notamment les titres Vivat Multitalent. Cette tromperie n’était pas isolée.
Des conflits d’intérêts mal gérés
L’enquête révèle des lacunes importantes dans la gestion des risques de conflits d’intérêts entre Kerdiz Finance et le groupe Vivat Multitalent. Les procédures internes de contrôle des produits restaient lettre morte.
La société négligeait de collecter les informations indispensables permettant aux clients de comprendre réellement les produits proposés. Pire encore, elle conseillait des titres dont la commercialisation était interdite sur le territoire français.
Un placement agricole à risque extrême
Le comble des manquements professionnels concerne une campagne de démarchage pour une offre d’investissement agricole en Guyane. Cette opération présentait un danger particulièrement élevé.
Le placement exposait les investisseurs à “un risque de pertes supérieur au montant de l’apport financier initial”. Un détail que la société aurait dû mettre en avant, mais qu’elle a préféré minimiser lors de sa prospection active.
Une voie de recours ouverte
La décision de la Commission des sanctions peut faire l’objet d’un recours. Les personnes sanctionnées disposent donc d’une possibilité de contester cette condamnation devant les juridictions compétentes.
Cette affaire illustre la vigilance de l’AMF face aux pratiques douteuses dans le secteur du conseil financier. Elle rappelle aux professionnels l’importance du respect strict des obligations réglementaires et de la protection des épargnants.

