La fiscalité du patrimoine immobilier continue de progresser en France. Les derniers chiffres révèlent une hausse significative du nombre de ménages concernés par l’IFI, cet impôt créé en remplacement de l’ISF il y a sept ans. Une tendance qui alimente les débats sur la contribution fiscale des plus fortunés.
Une hausse constante des contribuables assujettis
Le nombre de foyers soumis à l’IFI connaît une progression notable. Cette année, 193 600 ménages sont imposables, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente où l’on comptait 186 100 foyers.
Le patrimoine moyen des contribuables concernés s’élève à 2,55 millions d’euros, enregistrant une croissance de 1,5 % sur un an. Cette évolution témoigne de la dynamique du marché immobilier et de la valorisation des biens.
Qui sont les redevables de l’IFI ?
L’impôt sur la fortune immobilière cible les contribuables dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d’euros. Le calcul intègre un abattement de 30 % sur la résidence principale.
Les foyers imposés affichent un revenu moyen de 322 100 euros annuels. Leur facture fiscale sur les revenus de 2024 atteint 60 200 euros.
Un profil démographique marqué
La majorité des ménages assujettis réside en Île-de-France. Ils vivent principalement en couple et présentent une moyenne d’âge supérieure à celle de la population générale.
La répartition du patrimoine révèle des disparités
Près des trois quarts des foyers imposables possèdent un patrimoine immobilier compris entre 1,3 et 2,57 millions d’euros. Cette tranche connaît une expansion remarquable depuis la création de l’impôt.
La progression atteint 37 % depuis 2018 pour cette catégorie de contribuables. Un phénomène qui s’explique notamment par l’envolée des prix de l’immobilier dans certaines régions.
De l’ISF à l’IFI : un changement de paradigme
Emmanuel Macron a supprimé l’ISF en 2018, le remplaçant par l’IFI. Cette réforme modifie en profondeur l’assiette taxable : le patrimoine financier échappe désormais à l’imposition.
Les recettes générées par l’IFI s’élèvent à 1,9 milliard d’euros en 2018. Ce montant représente 0,5 % des recettes fiscales nettes de l’État prévues pour 2025.
Un rendement inférieur à l’ancien système
L’IFI rapporte moins que son prédécesseur. L’ISF générait environ 5 milliards d’euros en 2017, soit un écart substantiel avec le dispositif actuel.
Les controverses autour de la fiscalité des plus aisés
Éric Lombard a relancé mi-janvier le débat sur l’imposition des hauts revenus. Cette discussion intervient dans un contexte de recherche de nouvelles recettes budgétaires.
Une note du Sénat publiée en février révèle des situations paradoxales. Plus de 13 000 foyers éligibles à l’IFI affichent un impôt sur le revenu nul ou négatif en 2025. Ces cas alimentent les questionnements sur l’équité du système fiscal français.

