Frais bancaires : ce qui va changer dès novembre 2025

banque francaise

Une réforme importante entre en vigueur le 13 novembre 2025 et va profondément modifier la manière dont les banques facturent les frais liés aux successions. Plafonnement, cas de gratuité et transparence renforcée : l’objectif affiché est clair, mettre fin aux abus constatés ces dernières années.

Des frais de succession enfin encadrés

Jusqu’ici, certaines familles se voyaient facturer plusieurs milliers d’euros par leur banque après le décès d’un proche. À partir de novembre 2025, la situation change.
Les frais bancaires de succession seront désormais plafonnés à 1 % des avoirs totaux du défunt, avec un plafond maximal fixé à 850 euros. Autrement dit, une famille héritant de 80 000 € sur plusieurs comptes bancaires ne paiera plus que 800 € maximum, contre parfois le double auparavant.

Ce plafond sera ajusté chaque année en fonction de l’inflation, selon les textes prévus par la loi. La mesure vise à protéger les héritiers, tout en maintenant une certaine équité pour les établissements bancaires.

Trois cas de gratuité totale prévus

La loi introduit également trois situations où les frais de succession seront totalement supprimés :

  • si le défunt était mineur,
  • si l’ensemble de ses avoirs est inférieur à 5 910 €,
  • ou si la succession est jugée simple, c’est-à-dire sans litige ni multiplicité de comptes.

Ces cas de gratuité visent les successions modestes et les situations familiales courantes, où les démarches bancaires ne justifient aucune facturation.
Cependant, les modalités exactes d’application dépendront d’un décret d’exécution, attendu à la même date, et qui précisera la notion de « complexité manifeste ».

Incidents de paiement : plafonds et protections maintenus

La réforme ne s’arrête pas aux successions. Elle s’inscrit dans un cadre plus large de régulation des frais d’incidents bancaires.
Les commissions d’intervention restent limitées à 8 € par opération et 80 € par mois. Les personnes en situation de fragilité financière conservent un dispositif spécifique : une offre bancaire à 3 € par mois maximum, avec des frais plafonnés à 20 € par mois et 200 € par an.

Concernant les chèques sans provision, le plafond légal demeure fixé à 30 € pour un chèque de 50 € ou moins, et 50 € pour les montants supérieurs.
Pour les prélèvements rejetés, la banque ne peut prélever plus que le montant du paiement lui-même, dans la limite de 20 € maximum.
En revanche, l’idée selon laquelle les banques devraient notifier les frais d’incident 14 jours avant leur prélèvement n’est pas confirmée dans les textes officiels.

Transparence bancaire : des obligations renforcées

La nouvelle réglementation consolide aussi les mesures de transparence tarifaire. Chaque établissement devra publier un document d’information standardisé, répertoriant une cinquantaine de services bancaires selon une nomenclature commune.
Les clients recevront également, chaque mois, un relevé où les frais seront clairement identifiés, ainsi qu’un bilan annuel complet en janvier listant toutes les cotisations et frais prélevés sur l’année écoulée.

Enfin, toute modification des tarifs bancaires devra être communiquée au moins deux mois à l’avance, afin de laisser le temps au client de contester ou de clôturer son compte sans pénalité.
Un comparateur public en ligne permettra de confronter les tarifs des différentes banques — une mesure déjà disponible, mais qui sera rendue plus visible et mise à jour automatiquement.

Et les virements instantanés ?

Depuis janvier 2025, les virements instantanés sont encadrés par un règlement européen. Contrairement à certaines idées reçues, ils ne sont pas nécessairement gratuits, mais leur coût doit être identique à celui d’un virement classique.
Autrement dit, une banque ne peut plus facturer un supplément simplement parce qu’un virement est exécuté en quelques secondes.

En résumé

À partir du 13 novembre 2025, les frais bancaires de succession seront plafonnés à 1 %, avec un maximum de 850 €. Certaines successions bénéficieront d’une gratuité totale, tandis que les frais d’incident resteront strictement encadrés. La transparence devient la règle, et les clients disposeront enfin d’outils clairs pour comparer les tarifs.
Une avancée majeure pour les consommateurs, même si les détails définitifs dépendront des décrets d’application attendus cet automne.

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