Ce service bancaire très répandu devient trop risqué, prévient la Banque de France

Façade d'une banque

La Banque de France tire la sonnette d’alarme face à une recrudescence inquiétante des fraudes aux chèques. Selon son dernier rapport, près de 9 fraudes sur 10 proviennent du vol de chéquiers, souvent interceptés avant même d’arriver à leurs destinataires. Un phénomène qui touche en priorité les personnes âgées et les zones rurales, où le recours à l’envoi postal reste courant.

Un mode d’envoi devenu le maillon faible du système bancaire

L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) met en évidence les failles persistantes liées à l’acheminement postal des chéquiers. Chaque année, près de 270 millions d’euros s’évaporent à cause de ces vols.
Les chéquiers sont souvent subtilisés dans les centres de tri ou directement dans les boîtes aux lettres, avant d’être utilisés frauduleusement.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 89 % des fraudes ont pour origine le vol ou la perte de chéquiers. Un constat alarmant pour un moyen de paiement encore largement utilisé, notamment par les seniors qui peinent parfois à passer aux solutions numériques.

Une fraude qui coûte cher aux banques… et aux clients

Le rapport annuel de l’OSMP (septembre 2024) révèle que le montant total des fraudes liées aux moyens de paiement s’élève à près de 1,2 milliard d’euros.
Rien que pour les chèques, la fraude a atteint 395 millions d’euros en 2022, soit le taux le plus élevé de tous les moyens de paiement (0,073 %).
À titre de comparaison, les paiements par carte ou virement restent nettement plus sûrs.

Julien Lasalle, adjoint à la surveillance des paiements à la Banque de France, précise que « le type de fraude le plus répandu est l’utilisation de chèques perdus ou volés, surtout dans les boîtes aux lettres ».

Quelles solutions pour enrayer cette vague de fraudes ?

Face à cette situation critique, la Banque de France demande aux établissements bancaires de mettre fin à l’envoi postal des chéquiers.
Elle recommande désormais une remise en main propre en agence, jugée plus fiable, même si elle oblige certains clients à se déplacer.

Lorsque cette remise n’est pas possible, la Banque de France insiste sur la nécessité d’une alerte automatique lors de l’expédition du chéquier, afin que le client puisse confirmer sa bonne réception.
Comme le rappelle Julien Lasalle : « La remise en agence reste la solution la plus sûre. »

Un message clair adressé aux banques comme aux clients : mieux vaut un petit déplacement qu’un gros préjudice.

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