Derrière chaque passage de carte bancaire se cache un véritable bras de fer économique. En France, deux mondes s’opposent : le système national CB, pilier historique du paiement électronique, et les réseaux américains Visa et MasterCard, devenus incontournables. Ce que beaucoup ignorent, c’est que ce choix a un impact direct sur les coûts supportés par les commerçants — et donc, indirectement, sur les prix payés par les consommateurs.
Un modèle français longtemps dominant
Créé dans les années 1980, le groupement CB (Cartes Bancaires) a longtemps régné sans partage sur le marché. Aujourd’hui encore, il traite près des trois quarts des 19 milliards de transactions effectuées chaque année dans le pays. Mais cette domination s’effrite.
En 2025, la France comptait 77 millions de cartes “cobadgées” CB-Visa ou CB-MasterCard, contre 82 millions trois ans plus tôt. Et le nombre de paiements réalisés via le réseau CB a chuté de 16 à 14,5 milliards sur la même période. Cette lente érosion s’explique notamment par l’essor des banques en ligne, comme BoursoBank, qui misent sur des cartes “Visa Only” — autrement dit, totalement déconnectées du système CB.
Des frais multipliés selon le réseau utilisé
Ce que les clients ne voient pas, c’est la différence considérable de commissions entre les réseaux. D’après une étude publiée en septembre 2025 par l’UFC-Que Choisir, les frais facturés aux commerçants peuvent être jusqu’à dix fois plus élevés selon que la transaction passe par CB ou par Visa/MasterCard.
L’association de consommateurs dénonce d’ailleurs une inflation constante : « Visa et MasterCard se permettent d’imposer des augmentations substantielles et régulières des commissions chaque année. Certains commerçants pointent une hausse supérieure à 75 % entre 2016 et 2021 », indique-t-elle.
Ces entreprises américaines justifient ces tarifs par des services additionnels : assurances, protection renforcée des paiements, ou encore garanties en cas de litige. Autant d’arguments commerciaux qui séduisent les banques et les clients, mais fragilisent le modèle CB.
La Banque de France tire la sonnette d’alarme
Face à ce recul, le Comité national des moyens de paiement (CNMP), sous l’égide de la Banque de France, a pris position à l’automne 2025. L’institution appelle à “préserver la place centrale du réseau CB dans le traitement des transactions nationales” et à encourager la pérennisation du système de cobadge, qui permet aux consommateurs de choisir entre CB et Visa.
L’enjeu dépasse la simple question des commissions : il s’agit d’un combat pour la souveraineté monétaire française. À mesure que les acteurs américains renforcent leur emprise, la France risque de perdre le contrôle de son infrastructure de paiement, un outil pourtant stratégique pour l’économie nationale.
Vers la fin du “made in France” du paiement ?
Si la tendance se poursuit, les paiements du quotidien — du café à la grande surface — passeront majoritairement par des réseaux étrangers. Pour les commerçants, cela signifie plus de frais ; pour les consommateurs, moins de transparence ; et pour l’économie française, une dépendance accrue.
Préserver le réseau CB n’est donc pas qu’une question de nostalgie : c’est un enjeu d’indépendance économique et numérique à l’heure où la souveraineté financière devient un sujet politique majeur.


la banque ne te donne pas le choix , ta carte est soit visa soit mastercard . A terme tout les systèmes de paiement par carte ou électronique vont se fracasser par les arnaques de tout poil perso 2 fois en 2ans de 3000€ et 7000€ heureusement remboursé et ma banquière m’a dit que les arnaques se multiplient de plus en plus. On peut empiler des code secrets sur des codes secrets mais avec lA utilisé par les hackers pour rentrer dans les sites et les fichiers (dit sécurisés) à qui vous avez confié vos documents perso +N° compte bancaire, etc… personne n’est à l’abri de se faire dépouillé. Le cash restera le moyen le plus sécurisé dans les transactions et le plus discret. Refusez de donner vos doc perso CNI passeport Rib par voie électronique . Ce sera encore pire avec l’identité numérique out tous les fichiers perso et santé seront connectés ( je rappelle que le dossier médical est protégé par le secret médical et ne peut pas être accessible à un banquier, l’administration ou autre en théorie)