Les travailleurs non salariés font face à un défi de taille : préparer une retraite décente malgré des pensions souvent très en deçà de celles des salariés du secteur privé. Entre erreurs administratives, choix de statut et stratégies d’épargne, plusieurs leviers permettent pourtant d’optimiser ses droits futurs.
Des pensions largement inférieures à celles des salariés
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les artisans et commerçants perçoivent en moyenne 1 230 euros bruts par mois au titre de leur retraite. Les professions libérales s’en sortent mieux avec 2 570 euros bruts mensuels.
Cette disparité s’explique notamment par l’absence de retraite complémentaire équivalente à celle dont bénéficient les salariés via l’Agirc-Arrco. Les micro-entrepreneurs affiliés à la CIPAV ont particulièrement souffert de la réforme mise en place en 2018.
Vérifier son relevé de carrière : un geste essentiel
Consulter régulièrement son relevé de carrière constitue une étape cruciale. Les erreurs y sont fréquentes et peuvent coûter cher au moment de liquider ses droits.
Certains clients se retrouvent dans l’attente de leur pension après avoir pris leur retraite, faute d’avoir vérifié leur dossier en amont. Les experts recommandent de réaliser un audit dès 45 ans pour anticiper d’éventuelles régularisations.
L’importance de cotisations exactes
Contrôler que les cotisations versées correspondent bien à la réalité garantit une pension adéquate. Une consultation auprès d’un spécialiste permet d’identifier les anomalies avant qu’il ne soit trop tard.
Le PER et l’assurance vie : deux outils complémentaires
Pour compléter leur future retraite, les indépendants disposent de plusieurs solutions d’épargne. Le Plan d’Épargne Retraite se révèle particulièrement intéressant pour les travailleurs non salariés hors régime micro.
Les atouts du PER
Ce dispositif offre des plafonds d’alimentation plus élevés que pour les salariés classiques. Attention toutefois : les versements effectués sont réintégrés dans le revenu imposable lors du déblocage des fonds.
L’assurance vie pour plus de souplesse
L’assurance vie présente l’avantage d’être accessible à tout moment. Seules les plus-values font l’objet d’une taxation. Cette solution convient particulièrement à ceux qui anticipent un besoin de liquidités avant le départ en retraite.
Quel montant épargner ?
Avant 40 ans, il est conseillé de consacrer entre 3 et 8% de ses revenus mensuels à la préparation de sa retraite. Après 40 ans, cet effort doit passer entre 5 et 12%.
Optimiser sa rémunération pour maximiser ses droits
Le mode de rémunération impacte directement les cotisations retraite. Privilégier le salaire plutôt que les dividendes permet d’accumuler davantage de trimestres et d’augmenter le montant de sa future pension.
Le rachat de trimestres représente également une option intéressante, à condition de l’envisager suffisamment tôt pour bénéficier de tarifs avantageux.
Prévoyance et choix du statut juridique
Souscrire des contrats de prévoyance évite les trous dans le relevé de carrière en cas d’arrêt maladie ou d’invalidité. Le choix du statut juridique de l’entreprise influence également le calcul des droits à la retraite.
La réforme de 2027 va modifier les règles du jeu
Les règles du cumul emploi-retraite connaîtront des changements importants en 2027. Les revenus cumulés seront plafonnés pour les personnes de moins de 67 ans.
En revanche, les cotisations versées après 67 ans permettront de générer une seconde pension. Face à ces évolutions, un audit personnalisé s’impose pour adapter sa stratégie.

