Adopté définitivement le 16 décembre 2025 à l’Assemblée nationale, le budget de la Sécurité sociale pour 2026 marque un tournant discret mais lourd de conséquences. Derrière les chiffres et les arbitrages techniques, ce texte modifie en profondeur plusieurs dispositifs clés qui touchent directement les retraités, les familles et les assurés santé.
Retraite : le calendrier se fige… temporairement
Contrairement aux annonces initiales, le gouvernement a choisi de ralentir la réforme des retraites. La progression prévue de l’âge légal est mise entre parenthèses jusqu’en 2027.
👉 Pour les assurés nés en 1964, le départ
pourra se faire à 62 ans et 9 mois, avec
170 trimestres validés.
Une concession politique qui a un prix : 100 millions
d’euros en 2026, puis 1,4 milliard l’année
suivante, selon les projections officielles.
Mais cette pause ne signifie pas abandon : le sujet reste explosif et pourrait revenir rapidement sur la table.
Un coup de pouce discret pour les pensions des mères
C’est l’une des mesures les plus favorables du texte, mais aussi
l’une des moins médiatisées.
À partir de 2026, le calcul de la pension des mères évolue :
- 24 meilleures années retenues pour une mère d’un enfant
- 23 meilleures années pour celles ayant deux enfants ou plus
Jusqu’ici, le calcul reposait sur 25 années, ce qui pénalisait de nombreuses carrières hachées. Résultat attendu : près d’une femme sur deux pourrait voir sa pension revalorisée.
Familles : un nouveau congé arrive après la naissance
Autre nouveauté importante : la création d’un congé de naissance pour les deux parents, venant compléter les dispositifs existants.
Dès janvier 2026, chaque parent pourra bénéficier :
- d’un à deux mois supplémentaires
- indemnisés à 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second
L’objectif est clair : permettre une présence accrue auprès du nouveau-né. Mais un point reste sensible : le financement précis du dispositif n’est pas encore totalement verrouillé.
Mutuelles : une taxe qui pourrait se répercuter sur les assurés
Côté santé, le budget 2026 contient une mesure qui inquiète
fortement les ménages.
Les complémentaires santé devront s’acquitter d’une surtaxe
exceptionnelle d’un milliard d’euros.
Officiellement, cette taxe vise à compenser les hausses anticipées des tarifs. Dans les faits, la Fédération de la mutualité française alerte : les cotisations pourraient augmenter de 4,3 à 4,7 % dès 2026.
Un risque réel de voir la facture santé grimper pour de nombreux foyers.
Hôpitaux et soins : l’État lâche un peu de lest
Face aux tensions persistantes dans le système de soins, le
gouvernement a revu sa copie.
L’objectif national des dépenses d’assurance maladie
(Ondam) est finalement porté à +3 %,
contre 1,6 % initialement prévu.
Cette rallonge doit permettre de mieux financer :
- les hôpitaux
- les soins de ville
- certaines revalorisations attendues par les professionnels de santé
Financement : CSG, France Santé… et un déficit toujours massif
Pour équilibrer l’ensemble, le texte prévoit :
- une hausse ciblée de la CSG sur les revenus du capital, censée rapporter 1,5 milliard d’euros
- la mise en place du réseau France Santé, avec l’ambition de garantir un accès aux soins en moins de 30 minutes et sous 48 heures
Malgré ces leviers, le déficit de la Sécurité sociale
atteindrait encore 19,4 milliards d’euros en 2026,
après 23 milliards en 2025.
Un chiffre qui intègre un transfert de 4,5 milliards depuis
le budget de l’État, vivement critiqué par l’opposition,
qui y voit un simple déplacement du problème.

