Face à l’explosion des arnaques bancaires, la France se dote d’un nouvel outil de protection. La Banque de France s’apprête à lancer un dispositif inédit destiné à identifier et tracer les comptes utilisés par les fraudeurs. Une réponse concrète à un fléau qui touche de plus en plus de victimes.
Un dispositif opérationnel dès le printemps 2026
Le Fichier national des comptes signalés pour risque de fraude (FNC-RF) entrera en service le 7 mai 2026. Ce registre centralisera les coordonnées bancaires des comptes suspects à travers tout le territoire.
L’outil rassemblera les coordonnées IBAN et BIC des comptes jugés douteux, ainsi que les caractéristiques des opérations ayant déclenché l’alerte. Cette base de données partagée vise à détecter plus rapidement les schémas frauduleux.
Une fraude au virement en pleine expansion
La création de ce fichier répond à une réalité inquiétante. En 2025, les fraudes par virement représentent 37% de l’ensemble des escroqueries bancaires. Un chiffre qui souligne l’ampleur du phénomène.
Les victimes peinent souvent à récupérer leurs fonds. Les banques remboursent rarement les sommes dérobées, laissant de nombreux particuliers dans une situation financière délicate.
La pression s’intensifie également sur les opérateurs téléphoniques. Ils doivent renforcer leur lutte contre l’usurpation de numéros et le spoofing, techniques privilégiées par les escrocs.
Un réseau d’acteurs financiers mobilisés
Les banques et prestataires de services de paiement devront alimenter quotidiennement le fichier. Cette obligation leur impose d’inscrire sans délai les comptes qu’ils suspectent de servir à des activités frauduleuses.
Pas moins de 225 acteurs financiers auront accès à cette base de données. Ce partage d’informations permettra de repérer les schémas de fraude récurrents et d’agir plus efficacement.
Des particuliers tenus à l’écart du système
Les utilisateurs finaux ne pourront pas consulter directement le fichier. Seuls les établissements financiers y auront accès, dans le cadre de leur mission de surveillance.
Cette restriction pose la question de la transparence pour les titulaires de comptes potentiellement signalés à tort.
Les failles du dispositif
Le FNC-RF présente une limite géographique majeure. Son périmètre se limite aux frontières françaises, le rendant inefficace contre les comptes frauduleux domiciliés à l’étranger.
Or, de nombreux escrocs opèrent depuis des pays étrangers ou utilisent des comptes ouverts hors de France pour brouiller les pistes.
Vers une extension européenne
Un règlement européen prévoit la création d’un fichier similaire à l’échelle du continent. Cette harmonisation devrait combler les lacunes du système français et améliorer la coopération transfrontalière.
Gare aux signalements erronés
Le risque d’erreur existe. Des comptes parfaitement légitimes pourraient être signalés à tort, avec les complications que cela implique pour leurs titulaires.
En cas de signalement abusif, une procédure de levée du doute permettra à la Banque de France de retirer les comptes du fichier. Reste à savoir dans quels délais et selon quelles modalités cette correction interviendra.

