Chaque mois, les retraités du secteur privé scrutent avec attention le montant versé sur leur compte bancaire. Dans un contexte marqué par l’inflation et la hausse des dépenses de santé, la pension complémentaire Agirc-Arrco constitue un élément essentiel du pouvoir d’achat des seniors. Mais savez-vous réellement comment sont calculés les prélèvements qui réduisent votre pension brute?
Un complément de revenu vital soumis à ponction
La retraite complémentaire Agirc-Arrco représente un pilier fondamental du système de pension des anciens salariés du secteur privé. Ce dispositif fonctionne sur un principe simple : pendant la vie active, le travailleur accumule des points qui seront ensuite convertis en euros au moment de la liquidation de sa retraite.
Le calcul s’effectue en multipliant le nombre total de points par leur valeur de service. Mais ce montant brut subit ensuite une série de prélèvements sociaux qui peuvent considérablement réduire la somme effectivement perçue.
Jusqu’à 10,1% de prélèvements sur votre pension
Les retraites complémentaires n’échappent pas aux contributions sociales obligatoires. Ces prélèvements peuvent représenter une ponction allant jusqu’à 10,1% du montant brut de la pension complémentaire.
Parmi ces contributions figurent :
– La CSG (Contribution Sociale Généralisée)
– La CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale)
– La CASA (Contribution de Solidarité pour l’Autonomie)
– La cotisation maladie (généralement fixée à 1%)
Quatre niveaux de prélèvements selon vos revenus
Le taux de prélèvement applicable dépend directement du revenu fiscal de référence et du nombre de parts fiscales du foyer. Quatre niveaux distincts existent :
– L’exonération totale : 0% de prélèvements
– Le taux réduit : 4,3% (composé de 3,8% de CSG et 0,5% de
CRDS)
– Le taux médian : 7,4% (incluant 6,6% de CSG, plus CRDS et
CASA)
– Le taux normal : 9,1% (avec 8,3% de CSG, complété par CRDS et
CASA)
Des seuils de revenus déterminants pour votre taux
Pour un retraité célibataire, les seuils de revenus qui déterminent le taux applicable sont clairement définis. L’exonération totale s’applique jusqu’à un revenu fiscal de 13 048 euros, tandis que le taux réduit entre en vigueur à partir de 17 057 euros.
Le taux supérieur, quant à lui, concerne les retraités dont le revenu fiscal dépasse environ 26 470 euros. Ces seuils conditionnent directement le montant net qui sera effectivement versé chaque mois.
2026 : une année charnière pour votre pension
Un changement important interviendra le 2 janvier 2026. À cette date, le paiement de la pension intégrera le nouveau taux de prélèvements sociaux, calculé sur la base de l’avis d’imposition 2025.
Trois scénarios sont alors possibles :
– Une baisse du montant net pour les retraités qui passeraient dans
une tranche de CSG plus élevée
– Une stabilité pour ceux dont le taux resterait inchangé
– Un gain potentiel pour les retraités qui verraient leurs
prélèvements diminuer en raison d’une baisse de revenus ou d’une
augmentation du nombre de parts fiscales
Comment anticiper l’évolution de votre pension
Face à ces mécanismes complexes, quelques démarches simples permettent d’anticiper l’évolution de votre pension complémentaire.
Il est recommandé de comparer régulièrement votre revenu fiscal aux seuils officiels pour identifier votre tranche. Consulter votre espace personnel Agirc-Arrco vous permettra également de vérifier les taux de prélèvements qui s’appliqueront à votre pension dès janvier 2026.
Cette vigilance est d’autant plus importante que chaque variation de taux peut avoir un impact significatif sur votre pouvoir d’achat, particulièrement en période d’inflation persistante.

