La mise en place de nouvelles règles destinées à garantir plus de clarté sur les rémunérations dans le monde professionnel français connaît un coup d’arrêt. Alors que cette réforme devait rapidement voir le jour, les délais s’allongent considérablement, repoussant son application effective à l’horizon 2028.
Un calendrier législatif qui s’étire
Le vote de la loi portant sur la transparence des salaires ne devrait pas intervenir avant 2027. Ce décalage significatif par rapport au planning initial ralentit la mise en œuvre de cette réforme attendue par de nombreux acteurs.
Une fois le texte définitivement adopté, les entreprises disposeront d’un délai d’un an pour se mettre en conformité. Concrètement, les nouvelles obligations ne s’appliqueront donc pas avant 2028, soit bien après les échéances initialement envisagées.
Des tensions entre partenaires sociaux
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, explique ce retard par la nécessité de trouver un terrain d’entente entre des acteurs aux intérêts divergents. Les entreprises ne manifestent aucune urgence particulière à voir cette réforme aboutir rapidement.
À l’inverse, les organisations syndicales militent pour une adoption accélérée du dispositif. Cette opposition crée une situation de blocage qui nécessite du temps pour parvenir à un compromis acceptable.
L’engagement gouvernemental maintenu
Malgré les délais rallongés, Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité, réaffirme la détermination du gouvernement. Elle souligne l’objectif de transposer la directive européenne avant la fin de l’année 2026.
La ministre insiste sur le double enjeu de cette réforme : garantir l’égalité professionnelle tout en renforçant la performance des entreprises. Ces deux dimensions restent au cœur du projet gouvernemental.
Ce que devront faire les employeurs
Affichage des rémunérations dans les recrutements
Le projet de loi impose aux entreprises d’indiquer une fourchette de rémunération dans chaque offre d’emploi publiée. Cette mesure vise à donner aux candidats une vision claire des conditions salariales proposées dès le départ.
Par ailleurs, il sera désormais interdit aux recruteurs de questionner les postulants sur leurs salaires antérieurs. Cette pratique, courante jusqu’à présent, est considérée comme un frein à l’égalité salariale.
Information des salariés en poste
Les employeurs devront communiquer à leurs collaborateurs des données sur les salaires moyens pratiqués pour des postes comparables au sein de l’organisation. Cette transparence interne constitue une avancée majeure.
Nouveau rapport pour les grandes structures
Les entreprises comptant plus de 50 salariés auront l’obligation de publier un rapport détaillé sur les écarts de rémunération. Ce document remplacera l’actuel index de l’égalité professionnelle.
Cette nouvelle obligation vise à offrir une photographie plus précise et exploitable des inégalités salariales persistantes dans les organisations.

