Déposer des espèces sur son compte bancaire peut sembler anodin. Pourtant, à partir d’un certain montant, cet acte banal peut éveiller la méfiance de votre établissement… voire de l’État. En 2025, les règles restent strictes : mieux vaut les connaître pour éviter des complications.
Jusqu’où peut-on déposer sans avoir à se justifier ?
Pour les dépôts modestes, la procédure reste simple :
➡️ Une pièce d’identité
➡️ Un bordereau dûment rempli
➡️ Une présentation au guichet
Aucune explication ne vous sera demandée, tant que les sommes sont cohérentes avec votre profil client et vos habitudes bancaires. Mais une somme inhabituelle, même inférieure à un seuil réglementaire, peut déjà susciter des questions.
Le seuil des 8 000 € : la zone de vigilance
Dès que le montant atteint ou dépasse 8 000 € en espèces, la banque peut exiger des preuves de l’origine de l’argent. Cette mesure n’a rien d’arbitraire : elle découle des lois anti-blanchiment mises en place pour lutter contre les trafics financiers.
Selon la nature des fonds déposés, les documents à fournir peuvent varier :
- Revenus issus d’une vente ? → Fournissez un contrat
- Somme offerte par un proche ? → Une attestation de don est nécessaire
Et inutile de ruser avec plusieurs petits dépôts pour contourner la règle : les banques surveillent les mouvements fractionnés.
Fractionner ses dépôts : une mauvaise stratégie
Déposer 4 000 €, puis 3 000 € quelques jours plus tard ne vous protège pas d’un signalement. Les algorithmes bancaires détectent facilement les dépôts étalés, surtout quand ils s’enchaînent sans justification apparente. Résultat : au lieu de passer inaperçu, vous risquez d’attirer l’attention.
En cas de doute, Tracfin entre en jeu
Si la banque juge que les fonds sont mal justifiés ou potentiellement suspects, elle peut transmettre un signalement à Tracfin, l’organisme chargé de traquer les flux financiers illicites.
Ce signalement peut déclencher :
➡️ Une enquête administrative
➡️ Voire, dans certains cas, des poursuites judiciaires pour blanchiment ou fraude.