Surtaxe record dans 40 villes : les résidences secondaires dans le viseur

Gestion patrimoniale connectée

Le marché immobilier des zones les plus attractives subit un durcissement fiscal sans précédent. Les collectivités locales intensifient leur arsenal contre la pénurie de logements permanents en imposant des prélèvements majorés qui peuvent atteindre des sommets.

Une quarantaine de villes imposent le maximum légal

Une poignée de communes françaises applique désormais une surtaxe maximale de 60% sur la taxe d’habitation des résidences secondaires. Cette mesure drastique autorisée par la législation touche près de quarante municipalités situées dans les territoires les plus tendus.

Les grandes agglomérations ouvrent le bal : Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille et Nice figurent en tête de liste. Les stations balnéaires prisées comme Biarritz, Saint-Jean-de-Luz ou La Rochelle suivent le même chemin.

La Rochelle et Villeurbanne durcissent leur politique

La ville charentaise a franchi un cap en rehaussant sa majoration de 50% à 60%. Sur son territoire, 6 500 résidences secondaires représentent 12% du parc immobilier total.

Villeurbanne affiche une progression encore plus spectaculaire en passant directement de 36% à 60%. La municipalité défend cette orientation pour “lutter contre le mal-logement”. Elle rappelle que les résidences secondaires ont plus que doublé en dix ans dans la métropole lyonnaise, alors que près de 25 000 personnes y vivent sans domicile.

Un phénomène en pleine expansion

L’adoption de ces majorations s’accélère sur l’ensemble du territoire. En 2025, 44% des 3 690 communes éligibles activent une taxation supplémentaire, contre 40% l’année précédente.

Cette mesure radicale poursuit plusieurs ambitions : libérer des logements pour les résidents permanents, contenir la prolifération des meublés touristiques type Airbnb, et pousser les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché locatif traditionnel ou à les céder.

Des écarts géographiques marqués

Les régions de l’ouest appliquent les politiques les plus rigoureuses. La Nouvelle-Aquitaine affiche un taux moyen de majoration de 49,3%, tandis que la Bretagne atteint 49,4%.

À l’inverse, les territoires du nord-est pratiquent davantage de modération. La Bourgogne-Franche-Comté se limite à 20,2% en moyenne, et le Grand-Est plafonne à 34,7%.

Une pression fiscale qui s’accumule

Cette taxation majorée s’additionne à une taxe foncière qui a déjà progressé de 20% en moyenne au cours des cinq dernières années. Les propriétaires de résidences secondaires subissent donc un impact fiscal supplémentaire considérable.

La taxe d’habitation, supprimée pour les résidences principales, demeure active uniquement pour les logements secondaires, créant une disparité de traitement fiscal selon l’usage du bien immobilier.

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