La question du pouvoir d’achat cristallise les tensions en France. Alors que le gouvernement envisage de freiner la revalorisation des pensions, un constat s’impose : tous les Français ne sont pas logés à la même enseigne face à la flambée des prix. Entre les salariés au SMIC, les retraités et les autres travailleurs, les écarts se creusent dangereusement depuis trois ans.
Le SMIC tire son épingle du jeu avec une hausse de 16,47%
Les salariés rémunérés au salaire minimum ont bénéficié d’une protection relative contre l’érosion monétaire. Leur rémunération a progressé de 16,47% depuis 2022, dépassant ainsi l’inflation cumulée sur la période.
Cette progression s’explique par des revalorisations successives et fréquentes. L’année 2022 a marqué les esprits avec trois augmentations distinctes : 0,86% dès le 1er janvier, puis 2,65% au 1er mai, et enfin 2,03% au 1er août, totalisant 5,54%.
Les années suivantes ont confirmé cette dynamique. En 2023, le SMIC a grimpé de 4,03%, puis de 3,1% en 2024. L’année 2025 a déjà connu deux hausses : 1,18% en janvier et 2,41% en juin.
Les retraités s’en sortent mieux que prévu malgré les menaces
Paradoxalement, alors que l’exécutif envisage de limiter l’indexation des pensions sur l’inflation pour économiser douze milliards d’euros, les retraités affichent un bilan relativement positif sur la période récente.
Depuis janvier 2022, les pensions ont connu cinq revalorisations successives : 4%, 0,8%, 5,3%, 2,2% et 0,9%. Au total, les pensionnaires ont vu leurs revenus augmenter de 13,85%, soit légèrement plus que l’inflation cumulée de 13,6% sur quatre ans.
Une première depuis 2020 en perspective
La désindexation envisagée concernerait en priorité les pensions élevées. Une telle mesure constituerait une première depuis 2020, marquant un tournant dans la politique de revalorisation des retraites.
Les salariés classiques, grands perdants de la bataille du pouvoir d’achat
C’est chez les travailleurs hors SMIC que la situation apparaît la plus préoccupante. En 2022, le salaire mensuel de base brut a progressé de 3,9% en moyenne, alors que l’inflation atteignait 5,2%.
L’année 2023 a reproduit ce schéma défavorable. Une hausse salariale de 3,9% a été constatée, face à une inflation de 4,9%. Le décalage persistait donc, grignotant progressivement le pouvoir d’achat.
Les années 2024 et 2025 ont certes été moins douloureuses, avec des augmentations respectives de 2,8% et 1,7%, pour des inflations de 2% et 0,9%. Mais le mal était fait.
Un bilan global défavorable
Sur l’ensemble de la période, les salaires n’ont augmenté que de 12,85% en moyenne, soit nettement moins que l’inflation cumulée de 13,6%. Ces travailleurs constituent donc la catégorie la plus pénalisée par la hausse généralisée des prix.
Trois France face à l’inflation
L’analyse des chiffres révèle une fracture à trois vitesses. Les salariés au SMIC s’en sortent le mieux avec un gain de pouvoir d’achat réel. Les retraités maintiennent globalement leur niveau de vie.
En revanche, la majorité des salariés hors SMIC subissent une érosion progressive de leur pouvoir d’achat. Cette situation alimente les frustrations et explique en partie les tensions sociales qui traversent le pays.

