Travailler moins pour percevoir déjà une partie de sa pension : cette formule hybride attire de plus en plus de salariés en fin de carrière. Entre besoin de flexibilité et préparation en douceur à l’arrêt total d’activité, ce dispositif méconnu connaît une croissance spectaculaire.
Une progression fulgurante du nombre de bénéficiaires
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 66 800 personnes profitaient d’une retraite progressive à la mi-2026 au sein du régime général. Un an auparavant, ils n’étaient que 34 800 à avoir fait ce choix.
Cette hausse quasi-double témoigne d’un intérêt grandissant pour cette transition graduelle. Pourtant, rapporté aux 700 000 départs annuels à la retraite, le dispositif reste relativement marginal dans le paysage français.
Comment fonctionne ce dispositif méconnu
Le principe s’avère simple : le salarié réduit son temps de travail et perçoit simultanément une fraction de sa pension. Cette part correspond exactement au temps non travaillé.
Deux conditions principales encadrent l’accès : avoir atteint 60 ans et justifier de 150 trimestres cotisés. Le passage à temps partiel s’accompagne donc d’un complément financier immédiat.
Un outil de transition vers la retraite complète
Cette formule permet d’aménager progressivement la fin de carrière. Les bénéficiaires diminuent leur rythme professionnel tout en conservant un revenu global relativement stable.
Les changements apportés par la réforme Borne
La réforme des retraites de 2023 a considérablement renforcé ce mécanisme. Désormais, l’employeur ne peut plus s’opposer librement à une demande de retraite progressive.
Seul un motif légitime autorise le refus patronal. Cette contrainte nouvelle facilite l’accès au dispositif pour les salariés qui le souhaitent.
Le retour de l’âge minimum à 60 ans
L’histoire récente du dispositif révèle des ajustements successifs. La réforme de 2023 prévoyait initialement de porter l’âge minimum à 62 ans.
Un accord patronat-syndicat conclu en 2024 sur l’emploi des seniors a changé la donne. À compter du 1er septembre 2025, l’âge plancher est redescendu à 60 ans.
Un dispositif encore minoritaire
Malgré son doublement en douze mois, la retraite progressive demeure une option peu répandue. Face aux plus de 15 millions de retraités que compte le régime général, les 66 800 bénéficiaires représentent une goutte d’eau.
Cette sous-utilisation s’explique peut-être par une communication insuffisante ou des réticences culturelles. Le modèle français privilégie traditionnellement une rupture nette entre vie active et retraite.

