La bataille autour de la fiscalité des pensions vient de prendre
un tournant inattendu au Sénat. Alors que le gouvernement voulait
supprimer purement et simplement l’abattement de 10
%, les sénateurs ont défendu une autre vision : conserver
le dispositif, mais en limiter fortement l’avantage pour
les retraités disposant des revenus les plus élevés.
Derrière cette décision, un débat bien plus large se dessine :
comment répartir équitablement l’effort fiscal dans un contexte
budgétaire tendu ?
Un nouveau seuil qui change totalement l’esprit du dispositif
Plutôt que d’entériner la disparition de l’abattement, la
majorité sénatoriale a choisi de le remodeler. L’idée initiale du
rapporteur général Jean-François Husson était de le recentrer sur
les plus de 65 ans et les personnes invalides, en
supprimant le plafond actuel de 4.399 € pour le ramener à 2.500
€.
Mais la proposition évolue au cours du débat : la sénatrice
Christine Lavarde rehausse ce seuil à 3.000 €, un
compromis finalement adopté.
Cette orientation vise clairement à concentrer l’avantage fiscal sur les retraités aux revenus modestes, tout en réduisant l’allègement accordé aux pensions les plus confortables. Comme l’a expliqué Roland Lescure, « Vous gardez la proportionnalité de l’abattement mais vous le plafonnez de manière à ce que les revenus les plus élevés soient moins avantagés qu’ils ne le soient aujourd’hui ».
Une mesure censée être temporaire… vieille de près d’un demi-siècle
Ce débat réactive un point souvent oublié : l’abattement n’était
pas conçu pour devenir un avantage permanent. Introduit en
1977, dans un contexte où les retraités vivaient
bien en dessous du niveau des actifs, le dispositif devait n’être
qu’un aménagement fiscal transitoire, destiné à
corriger une inégalité alors flagrante.
L’écart s’est réduit depuis, mais le mécanisme a perduré sans
réévaluation structurelle.
Une fracture politique persistante entre Sénat et Assemblée
Si les sénateurs de droite et du centre se montrent favorables au plafonnement, la ligne n’est pas partagée par les députés LR, hostiles à la suppression de l’abattement de 10 %. Cette divergence illustre l’absence de consensus sur la manière d’ajuster la fiscalité des pensions, entre équité revendiquée et crainte de fragiliser certains foyers.


Bonjour
Les charges ont changé de destinations, mais elles demeurent !
Plus d’enfants à élever certes, mais des ”avaries corporelles” du grand âge qu’il faut bien assumer !
Et qui coûtent !
Il n’y avait donc rien à changer.
Moins 10% pour tout le monde , et basta !
Belle et Bonne Journée à tous !
Dany
On est d’accord. Je ne sais pas à partir de quoi a germé cette idée que les retraités seraient avantagés en regard des actifs…. C’est même le contraire, pas ou peu d’aides et frais supplémentaires. Les mêmes charges aussi (ils mangent et se déplacent et pas forcément en vacances faute de moyens…).
Ah oui ! Hollande, ce que tout le monde semble oublier, avait bloqué les retraites en 2013 et cela a duré plusieurs années (en 2017 j’avais moins de revenus qu’en 2013 !). Alors dès que l’on a enfin décidé de regarder l’inflation et d’ajuster les pensions ça a fait un paquet à donner et cela a affolé certains surtout au niveau du Pouvoir, renforcé par les fantasmes des plus jeunes oubliant “leurs” propres avantages, de retraités qui auraient été des “nantis” (moi je me suis privée toute ma vie et bien d’autres avec des conditions plus difficiles qu’aujourd’hui) !
Pour ma part cette “enfin” juste augmentation, m’a permis de mieux respirer même si, une fois tout payé, j’ai moins qu’un RSA. Et moi, contrairement à ceux qui bénéficient de ce dispositif (certains ad vitam aeternam y compris les SDF), je dois tout payer y compris les soins (pas de CMU).
Pour ceux qui ont une bonne retraite c est évident que rien ne les dérange mais il faut penser à ceux qui ont travaillé toute une vie avec un salaire correcte et la retraite ne touche plus que 1250 euros. Scandaleux .!!!et aucun avantage de quoi que ce soit .Pas de cmu.pas de chèque énergie. Ect…….