L’épargne des Français s’apprête à connaître un nouveau tournant. Alors que le placement préféré des ménages vient de voir son rendement augmenter cet été, les premières estimations laissent entrevoir une nouvelle progression dans les mois à venir. Cette perspective s’inscrit dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et des décisions monétaires européennes qui influencent directement la rémunération de l’épargne réglementée.
Un mécanisme de révision bien rodé
La Banque de France procède à un réexamen du rendement deux fois par an. Le gouverneur de l’institution effectue ces ajustements à des dates précises : mi-janvier pour une application au 1er février, et mi-juillet pour une mise en œuvre au 1er août.
Le processus habituel prévoit que la Banque de France réalise les calculs nécessaires. Le ministère de l’Économie intervient ensuite pour valider cette proposition ou appliquer une dérogation. Cette mécanique a d’ailleurs conduit à une augmentation de 1,5% à 1,7% au 1er août 2026.
La formule mathématique appliquée
Le calcul repose sur une moyenne arithmétique entre deux indicateurs économiques. D’un côté, l’€STR sur une période de six mois. De l’autre, la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac en glissement annuel, données que l’Insee publie régulièrement.
Des règles strictes encadrent le résultat final. Le chiffre obtenu est arrondi au dixième de point supérieur. Un taux plancher de 0,5% s’applique si le résultat se situe en dessous de ce seuil.
L’inflation redémarre à la hausse
L’Insee a diffusé une inflation provisoire de 2,1% pour juillet. Les prévisions de l’institut statistique anticipent une progression jusqu’à 2,7% en décembre 2026. Cette dynamique s’explique par les variations des prix du pétrole et de l’énergie observées au printemps et durant l’été.
Si ces projections se confirment, la moyenne semestrielle de l’indice des prix à la consommation hors tabac du second semestre 2026 devrait osciller entre 2,3% et 2,4%. Les analystes penchent plutôt vers 2,4% pour cette période.
Le taux interbancaire suit la même tendance
L’€STR évolue en lien étroit avec les taux directeurs de la Banque centrale européenne. Une nouvelle hausse d’un quart de point présente une forte probabilité de se concrétiser.
Le taux actuel de 2,185% devrait connaître une augmentation en septembre. La moyenne semestrielle de cet indicateur devrait elle aussi se positionner entre 2,3% et 2,4%.
Projection pour février 2027
Avec deux moyennes semestrielles situées entre 2,3% et 2,4%, le rendement du Livret A devrait atteindre cette même fourchette. L’hypothèse privilégiée penche vers 2,4%, sous réserve que les prévisions se vérifient et que la formule règlementaire soit respectée.
Le Livret d’épargne populaire (LEP) connaîtrait également une progression, passant de 2,5% à 2,9%. L’écart minimal de 0,5 point par rapport au Livret A serait ainsi maintenu. Bercy pourrait même décider d’arrondir le taux du LEP à 3%.
Des estimations encore fragiles
Cette projection repose sur des prévisions d’inflation provisoires et hypothétiques. Elle intervient à plus de cinq mois de l’échéance de réévaluation, ce qui laisse place à de nombreuses incertitudes.
Sauf décision politique contraire, le taux du Livret A devrait poursuivre sa remontée en février. Il franchira probablement la barre symbolique des 2%, offrant ainsi une rémunération plus attractive aux épargnants français.

