Outre-Rhin, le système fiscal s’apprête à connaître une transformation majeure. Le gouvernement allemand vient de valider un projet de loi qui redistribue les cartes de l’imposition. Les contribuables modestes respireront, tandis que les foyers les plus fortunés devront mettre la main au portefeuille.
Une réforme fiscale en deux temps
Le texte adopté par l’exécutif allemand prévoit une refonte progressive de la fiscalité. À partir de 2027, l’abattement fiscal de base grimpera de 12 348 euros à 12 900 euros. Cette mesure concerne directement les ménages aux revenus limités.
Les contribuables aisés, eux, verront leur ponction fiscale augmenter. La réforme instaure un rééquilibrage entre les différentes catégories de revenus.
Des gains concrets pour les classes moyennes
Les familles allemandes à revenus modérés sortiront gagnantes de cette réforme. Un foyer avec deux enfants et 60 000 euros de revenus imposables empochera plus de 600 euros supplémentaires chaque année dès 2028.
Cette mesure vise à soulager le pouvoir d’achat des classes moyennes, fragilisées par l’inflation et la hausse du coût de la vie.
Le barème d’imposition revu à la hausse pour les hauts revenus
Le taux de 42% appliqué plus tôt
Le seuil de déclenchement du taux maximal de 42% sera abaissé. Il s’appliquera désormais dès 70 600 euros de revenus annuels, contre 69 879 euros actuellement. Un ajustement qui reste marginal.
Durcissement net pour les plus fortunés
Les modifications deviennent plus marquées pour les revenus élevés. Le taux de 45% frappera maintenant les contribuables à partir de 250 000 euros, au lieu de 277 826 euros précédemment.
La réforme introduit également un nouveau palier : un taux de 47% concernera les revenus dépassant 280 000 euros annuels.
Quelle comparaison avec le système français ?
L’Hexagone applique son taux maximal de 45% dès 181 917 euros de revenus imposables. Un niveau nettement inférieur au nouveau seuil allemand de 250 000 euros.
Mais la France ajoute des contributions supplémentaires au-delà de certains seuils : 3% au-dessus de 250 000 euros et 4% au-delà de 500 000 euros. Ces prélèvements additionnels alourdissent significativement la facture fiscale des très hauts revenus français.
Les systèmes fiscaux des deux pays empruntent des philosophies différentes, avec des curseurs placés à des niveaux distincts selon les tranches de revenus.

