L’engouement pour les placements financiers s’accompagne d’une multiplication des conflits entre épargnants et établissements. Le médiateur de l’AMF observe une flambée sans précédent des réclamations, notamment sur un produit phare de l’épargne française.
Une explosion spectaculaire des réclamations
Le médiateur de l’AMF a enregistré 3 010 nouvelles demandes de litiges concernant différents placements en 2025. Cette progression marque une croissance de 37% par rapport à l’année précédente.
Les réclamations liées au Plan d’Épargne en Actions connaissent une trajectoire encore plus fulgurante. Le nombre de dossiers a grimpé à 462, affichant une augmentation vertigineuse de 150% en douze mois.
Le transfert entre établissements au cœur des problèmes
Des procédures qui bloquent les épargnants
Près de 75% des dossiers traités concernent directement les transferts de PEA d’un établissement financier vers un autre. Ces opérations, censées être fluides, se transforment régulièrement en parcours du combattant pour les épargnants.
L’arrivée d’acteurs financiers européens sur le marché français complexifie la situation. Ces nouveaux établissements appliquent des procédures différentes de celles pratiquées en France, générant incompréhensions et blocages.
Les transferts nationaux également problématiques
Même les mouvements entre établissements français ne sont pas épargnés par les difficultés. Les épargnants rencontrent des obstacles similaires lors de ces opérations pourtant domestiques.
Un produit aux mécanismes mal maîtrisés
Les incompréhensions sur le fonctionnement du PEA alimentent également les litiges. Le premier versement reste indispensable pour que l’ouverture du plan devienne effective, une règle que certains épargnants ignorent.
Les délais de retrait constituent une autre source de frustration. Récupérer des liquidités depuis un PEA prend plus de temps qu’un simple retrait sur un compte bancaire traditionnel.
La présence de titres non cotés dans le portefeuille complique certaines opérations. Cette particularité technique échappe souvent aux détenteurs de PEA.
Des délais de traitement qui s’allongent
Face à cet afflux de réclamations, le médiateur de l’AMF voit ses délais s’allonger. Le temps moyen de traitement d’un dossier est passé de trois mois et demi en 2024 à quatre mois et demi en 2025.
Cette augmentation d’un mois reflète la saturation du service face à une demande en forte expansion.

