L’intelligence artificielle générative a fait naître de nouveaux métiers… ou du moins, c’est ce que beaucoup ont cru. Parmi eux, le “prompt engineer” semblait promis à un avenir radieux. Mais les chiffres racontent une tout autre histoire : celle d’une mode passagère qui s’est rapidement dégonflée face aux réalités du marché du travail.
Une explosion des recherches sans lendemain
En avril 2023, les recherches d’emploi pour le terme “prompt engineer” ont atteint un sommet impressionnant : 144 recherches par million. Un engouement spectaculaire qui témoignait de l’excitation autour de l’IA générative.
Mais la chute a été tout aussi brutale. Quelques mois plus tard, ces mêmes recherches retombaient entre 20 et 30 par million. Cette courbe révèle une bulle créée du côté de la demande d’emploi, sans réponse proportionnelle des entreprises.
Une compétence plutôt qu’un véritable métier
Le marché a rapidement pris conscience de son erreur d’appréciation. Le “prompt engineering” représente davantage une compétence qu’un métier à part entière. Les recruteurs ont mal évalué et commercialisé cette aptitude en la transformant en poste spécifique.
Les statistiques sur LinkedIn confirment cette réorientation. Les annonces mentionnant le prompt engineering comme compétence ont bondi de 250 % en un an. Parallèlement, les offres pour un poste intitulé “prompt engineer” ont chuté de 40 % depuis leur pic de 2023.
Le “forward deployed engineer” prend le relais
Un nouveau profil émerge et capte l’attention des employeurs. Les offres pour le rôle de forward deployed engineer connaissent une croissance explosive.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : +800 % entre janvier et septembre 2025, et même +1 165 % en glissement annuel de janvier-octobre 2025 par rapport à 2024. Ce profil répond visiblement à un besoin réel des entreprises.
Comment les entreprises s’adaptent
Face aux demandes pour recruter un “prompt engineer”, les professionnels des ressources humaines privilégient désormais trois approches alternatives.
La formation de courte durée
Lorsque les équipes ont simplement besoin d’améliorer leur utilisation de l’IA, une formation ciblée suffit amplement. Cette solution évite de créer un poste superflu.
L’ingénieur de déploiement
Si les projets échouent régulièrement en phase de production, le recrutement d’un ingénieur de déploiement s’avère plus pertinent. Ce profil apporte une expertise technique plus large.
L’enrichissement des postes existants
La troisième voie consiste à former les collaborateurs actuels et à ajouter des compétences IA à leurs attributions. Cette approche valorise les talents déjà en place.
Une gestion prudente des titres de postes
Les intermédiaires du recrutement adoptent désormais une posture plus réfléchie. Ils refusent d’accepter des demandes non justifiées par une définition claire du métier.
Cette prudence vise à gérer le risque en évitant de créer des titres de postes éphémères. L’objectif est de partager la compétence de “prompt engineering” largement plutôt que de la restreindre à un titre de poste isolé.
L’expérience du “prompt engineer” offre une leçon précieuse : dans le domaine de l’IA, les compétences transversales l’emportent sur les spécialisations trop étroites.

