Les mères de famille vont voir leur pension recalculée selon de nouvelles règles plus avantageuses. Cette transformation du système vise à corriger les inégalités salariales qui pèsent encore sur les femmes au moment de liquider leurs droits à la retraite.
Un dispositif opérationnel dès le 1er septembre
Le gouvernement lance officiellement cette réforme à partir du 1er septembre 2026. Les nouvelles modalités s’appliquent aux pensions qui prennent effet à compter de cette date.
Deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026 encadrent juridiquement ce dispositif. Ils précisent les modalités d’application pour les différents régimes concernés.
Qui peut en profiter ?
Cette mesure cible les mères ayant obtenu des trimestres gratuits grâce à la maternité ou à l’éducation de leurs enfants. Plusieurs régimes sont concernés par cette évolution.
Le régime général, la fonction publique, les professions libérales ainsi que les salariés et non-salariés agricoles bénéficient de cette réforme. Le régime applicable à Saint-Pierre-et-Miquelon figure également dans le périmètre.
Un calcul revu pour compenser les années difficiles
Les régimes qui établissent la pension à partir des meilleures années de revenus adoptent un nouveau mode de calcul. Le régime général, la Mutualité sociale agricole et certains régimes des travailleurs indépendants sont visés.
Le système antérieur
Jusqu’à présent, les caisses calculaient les pensions sur les 25 meilleures années de carrière. Ce système pénalisait les femmes ayant connu des interruptions ou des réductions d’activité.
Les nouvelles règles
Les mères bénéficiant d’une majoration ou bonification liée à un seul enfant verront leur pension calculée sur leurs 24 meilleures années. Celles ayant eu au moins deux enfants bénéficieront d’un calcul sur leurs 23 meilleures années.
Cette méthode écarte du calcul certaines années de revenus plus faibles, notamment celles où la maternité ou l’éducation ont joué un rôle important. Le montant final variera selon le parcours professionnel, les revenus et le nombre d’enfants.
Quel gain financier espérer ?
Le gouvernement estime l’augmentation moyenne des retraites à 1 %. Cette hausse sera plus marquée pour les femmes ayant connu des années de revenus faibles.
Chaque situation génère un gain différent selon les spécificités du parcours professionnel. Les femmes ayant subi de fortes baisses de revenus durant l’éducation de leurs enfants verront leur pension progresser davantage.
Le coût pour les caisses
Cette réforme représente un investissement pour le système de retraite. Les estimations gouvernementales prévoient un coût de 0,2 milliard d’euros en 2030.
À plus long terme, la facture atteindra 2,2 milliards d’euros en 2050. Cette progression s’explique par le nombre croissant de bénéficiaires au fil des années.
Le dispositif carrière longue évolue aussi
Les femmes ayant commencé à travailler tôt peuvent désormais intégrer les trimestres accordés au titre de la naissance d’un enfant dans la durée nécessaire à un départ anticipé. Cette possibilité se limite à deux trimestres maximum.
Environ 12 000 personnes bénéficieront de cette mesure d’ici 2028 selon les estimations gouvernementales. Le dispositif carrière longue impose le respect de conditions spécifiques pour en profiter.
Un impact budgétaire significatif
Cette extension du dispositif carrière longue coûtera environ 200 millions d’euros par an au régime de retraite à partir de 2027. Ce montant s’ajoute au coût global de la réforme.
Une vérification recommandée
Les personnes proches d’un départ en retraite anticipée pour carrière longue doivent se rapprocher de leur caisse. Cette démarche permet de vérifier les nouvelles conditions applicables à leur situation.
Les conseillers des caisses peuvent préciser les droits ouverts et les modalités de calcul spécifiques à chaque parcours professionnel.

