Le système de pension de réversion, qui permet au conjoint survivant de percevoir une partie de la retraite du défunt, pourrait connaître une refonte complète. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) travaille depuis plus d’un an sur ce chantier sensible, avec un objectif clair : simplifier, harmoniser et rendre plus équitable un dispositif jugé trop complexe.
Un système éclaté à harmoniser
Aujourd’hui, la pension de réversion est éclatée en plus de 40 dispositifs différents selon les régimes de retraite. Un exemple frappant : le taux de réversion est de 54 % dans le régime général, mais il grimpe à 60 % pour l’Agirc-Arrco. Le COR envisage donc une uniformisation du taux (50 %, 55 % ou 60 %) afin de garantir une meilleure lisibilité et une équité entre bénéficiaires.
La question de l’âge minimum pour toucher la pension est également sur la table. Actuellement fixé à 55 ans dans certains régimes, il ne s’applique pas aux fonctionnaires, créant ainsi une inégalité. Deux pistes sont envisagées : imposer 55 ans à tous ou supprimer cette condition d’âge.
Mariage, pacs et concubinage : vers plus d’équité
Le COR se penche aussi sur les conditions liées au remariage. Aujourd’hui, un fonctionnaire qui se remarie perd son droit à la réversion, alors que cette règle n’existe pas ailleurs. Une harmonisation est donc à l’étude. Par ailleurs, l’extension de la pension de réversion aux couples pacsés ou en concubinage semble faire consensus, ce qui marquerait un tournant majeur dans la reconnaissance des nouvelles formes familiales.
Un nouveau calcul pour préserver le niveau de vie
Au-delà des règles d’âge ou de statut marital, le COR propose de revoir en profondeur le mode de calcul. Objectif : maintenir le niveau de vie du conjoint survivant. Parmi les pistes étudiées :
- Un calcul basé sur la différence entre les deux tiers de la pension du défunt et le tiers de celle du conjoint survivant.
- Une double proratisation prenant en compte la durée de cotisation et celle du mariage, afin de mieux refléter la solidarité du couple.
Une réforme attendue mais encore incertaine
Si ces propositions vont dans le sens d’une plus grande justice sociale, elles soulèvent des interrogations sur leur faisabilité et leurs conséquences financières. Des simulations seront présentées début 2025, avant que le gouvernement ne tranche. En cas de validation, les nouvelles règles pourraient entrer en vigueur dès 2026.

