Malgré une revalorisation attendue de son taux de rémunération, le Livret A ne parvient pas à reconquérir le cœur des épargnants français. Les chiffres publiés par la Caisse des Dépôts révèlent une réalité contrastée pour l’épargne réglementée, alors que d’autres placements semblent davantage tirer leur épingle du jeu.
Une collecte décevante après le relèvement du taux
Le placement préféré des Français affiche des résultats en demi-teinte. Depuis le 1er août dernier, le Livret A bénéficie d’un taux porté à 1,7%, contre 1,5% en début d’année. Cette hausse intervient après un premier semestre catastrophique, marqué par la pire performance en près de deux décennies.
Philippe Crevel, président du Cercle de l’épargne, analyse ce phénomène : “L’annonce, le 15 juillet dernier, du relèvement du taux du Livret A (…) a conduit à un léger sursaut pour la collecte”. Toutefois, le spécialiste tempère rapidement : “les épargnants n’ont pas considéré que ce relèvement changeait réellement l’attractivité du Livret A”.
Le LDDS également touché par la désaffection
Le constat s’avère encore plus alarmant pour le Livret de Développement Durable et Solidaire. En juillet, les retraits ont dépassé les dépôts de 30 millions d’euros, selon les données de la Caisse des Dépôts.
“La hausse du taux n’a pas permis au Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) de sortir de la décollecte en juillet, prouvant que les ménages continuent de puiser dans leur épargne de précaution”, souligne Philippe Crevel.
Des encours en recul sur un an
Les chiffres globaux confirment cette tendance baissière. Fin juillet, les Français détenaient 608,4 milliards d’euros cumulés sur leurs Livrets A et LDDS. Cette somme représente une diminution d’un milliard par rapport aux 609,4 milliards enregistrés en juillet 2025.
L’assurance vie triomphe face à l’épargne réglementée
Pendant que les livrets réglementés peinent à convaincre, l’assurance vie connaît un succès historique. Elle a connu un plébiscite sans précédent lors des six premiers mois de l’année, enregistrant ses meilleurs résultats depuis 20 ans.
M. Crevel explique cet engouement par “la bonne rémunération des fonds en euros et de la hausse des cours des actions”. Un cocktail gagnant qui attire les capitaux autrefois dirigés vers les placements réglementés.
Les ménages modestes aussi concernés par la décollecte
Le Livret d’Épargne Populaire n’échappe pas à cette dynamique négative. Réservé aux foyers aux revenus modestes, ce placement a enregistré 90 millions d’euros de retraits nets en juillet. Ses encours totaux s’établissent désormais à 83,4 milliards d’euros.
Un regain d’inflation insuffisant
La revalorisation du taux du Livret A résulte directement du regain d’inflation observé au premier semestre. Néanmoins, cette augmentation apparaît insuffisante pour rivaliser avec les performances enregistrées entre 2023 et 2025, période durant laquelle le taux atteignait 3%.
Les épargnants semblent désormais privilégier la diversification et recherchent des rendements plus attractifs ailleurs, marquant ainsi un tournant dans les comportements d’épargne des Français.

