Jusqu’alors, pour qu’un propriétaire puisse réclamer les loyers non réglés par un locataire, il fallait passer par un juge. Cela impliquait souvent des mois d’attente, de la paperasse et des frais de justice. Ce n’est plus le cas.
Depuis le 1er juillet 2025, la saisie sur salaire devient possible sans passer devant un tribunal. À une condition : que le locataire n’ait pas donné suite à un commandement de payer sous un mois. Dans ce cas, le commissaire de justice, anciennement huissier, peut directement s’adresser à l’employeur pour récupérer une partie du salaire du locataire.
Un tournant légal peu médiatisé mais lourd de conséquences
Cette mesure, issue de la loi du 20 novembre 2023, fait partie d’un projet global de désengorgement des tribunaux. Les autorités veulent limiter l’intervention des juges aux seuls cas de contestation ou de litige complexe. Résultat : la voie judiciaire n’est plus obligatoire dans de nombreux cas de recouvrement de dettes locatives.
Le propriétaire n’a qu’une obligation : disposer d’un titre exécutoire. Cela peut être un jugement ou un acte notarié, par exemple. Une fois ce document en main, le commissaire de justice peut enclencher la saisie directement, sans intervention préalable du juge de l’exécution.
Un contexte social sous tension
Si cette réforme s’impose aujourd’hui, ce n’est pas par hasard. Les impayés de loyers explosent, comme l’a souligné la ministre du Logement Valérie Létard lors d’une réunion officielle en mai dernier.
Elle évoquait une hausse constante des défauts de paiement, touchant désormais aussi les classes moyennes. Le ministère estime que 1,5 million de foyers sont concernés chaque année. Rien qu’en 2024, 24 556 expulsions ont été réalisées avec l’aide de la force publique.
Des bailleurs mieux armés, des locataires plus vulnérables ?
Pour les propriétaires, cette nouvelle procédure est un soulagement : plus besoin d’attendre des mois, ni de supporter les frais d’un procès incertain. Comme le résume Danielle Dubrac, présidente de l’UNIS : « C’est une avancée majeure pour les bailleurs qui étaient jusque-là désarmés face aux impayés persistants. »
Mais côté locataire, certains s’inquiètent. En l’absence de juge, les marges de contestation sont réduites. Une procédure mal comprise, un commandement oublié, et la saisie peut tomber sans avertissement clair. Ce nouveau levier juridique marque donc un rééquilibrage des forces dans un marché locatif déjà sous pression.


Les propriétaires bailleurs ne sont pas taillables et corvéables à merci, pour beaucoup les loyers dus non encaissés
sont leur revenu pour vivre. En conséquence la nouvelle mesure n’est que justice et devrait même être accompagnée d’une condamnation pénale pour escroquerie.
J’ai dit!.
A. ROUX