Dans un contexte économique où l’inflation atteint 2,1% en juillet 2026, les épargnants français scrutent avec attention les performances de leurs différents supports de placement. Entre livrets réglementés, assurance-vie et comptes à terme, tous les produits ne se valent pas pour maintenir son pouvoir d’achat. Décryptage des solutions d’épargne qui tirent leur épingle du jeu cette année.
Le LEP, champion incontesté de l’épargne défiscalisée
Le Livret d’épargne populaire s’impose comme la star des placements sécurisés. Accessible sous conditions de ressources, il délivre un rendement de 2,5%, entièrement défiscalisé.
L’argent reste disponible immédiatement, sans aucune contrainte de blocage. Une performance qui surpasse nettement celle du Livret A et du LDDS, dont le taux s’établit à 1,7% depuis le 1er août.
Des perspectives encourageantes pour février 2027
Les détenteurs de ces livrets réglementés peuvent espérer une nouvelle hausse au 1er février 2027. Les prévisions annoncent un taux “au-dessus de 2%, voire jusqu’à 2,4%” pour le Livret A et le LEP.
L’assurance-vie affiche des rendements en hausse
Les fonds en euros, qui garantissent le capital investi, ont enregistré une progression notable en 2025. Le rendement moyen s’établit à 2,63% selon l’ACPR, tandis que France Assureurs l’évalue à 2,6%.
Les meilleurs contrats proposent des taux “jusqu’à 3,75% avant prélèvements sociaux”. Pour 2026, Good Value for Money table sur une moyenne de 2,9%, soit 2,4% après déduction des cotisations sociales de 17,2%.
Une composition à géométrie variable
L’assurance-vie combine généralement deux types d’investissement. Les fonds en euros fonctionnent comme un livret avec des intérêts annuels garantis. Les unités de compte, elles, évoluent selon les marchés financiers avec un risque de perte en capital.
La fiscalité dépend étroitement de la durée de détention du contrat, au-delà des prélèvements sociaux appliqués chaque année sur les intérêts générés.
Les comptes à terme perdent progressivement du terrain
Malgré une baisse graduelle observée depuis plusieurs mois, les comptes à terme conservent des taux intéressants. Les placements de deux ans ou moins rapportent actuellement 2,26% en moyenne, avec 2,30% pour les nouvelles ouvertures.
Les engagements dépassant deux ans affichent un taux moyen de 2,45%, tandis que les nouveaux contrats souscrits en décembre proposent 2,85%. Chez Klarna, un engagement sur quatre ans garantit 3,10% avant impôts, soit 2,13% après application de la flat tax.
Une fiscalité alourdie en 2026
Le prélèvement forfaitaire unique grève désormais ces placements à hauteur de 31,4%. Cette taxation se décompose en “prélèvement forfaitaire unique à 31,4%, soit 18,6% de cotisations sociales et 12,8% d’impôt sur le revenu à compter de janvier 2026”.
Le PEL évolue mais préserve les anciens contrats
Depuis le 1er janvier 2026, tout nouveau Plan épargne logement garantit un rendement brut de 2% pour toute sa durée de vie. Après application de la flat tax à 30%, le taux net redescend à 1,4%.
Les anciens plans conservent leur taux d’origine : un PEL ouvert à 2,5% continue de rapporter 2,5% brut. Attention toutefois, les plans ouverts en 2011 atteignent leur date de péremption, la durée de vie étant limitée à 15 ans depuis le 1er mars 2011.
Le CEL suit la trajectoire du Livret A
Le Compte épargne logement rapporte 1,25% avant impôts depuis le 1er août. Son taux évoluera à nouveau au 1er février 2027, dans le sillage du Livret A, avec une révision semestrielle.
Le prochain changement de taux du PEL interviendra quant à lui au 1er janvier 2027. La fiscalité applicable reste celle du PFU, soit “prélèvement forfaitaire unique à 30%, soit 17,2% de cotisations sociales et 12,8% d’impôt sur le revenu”.
Les livrets bancaires ordinaires toujours à la traîne
Les livrets classiques des établissements bancaires stagnent à 0,75% brut en moyenne selon la Banque de France. MoneyVox confirme cette tendance avec un taux moyen de 0,33% brut en août, stable depuis cinq mois.
Les écarts restent importants entre établissements. Le Livret B de la Caisse d’Epargne oscille entre 0,05% et 0,10%, le Compte sur livret LCL propose 0,35%, La Banque Postale 0,50%, tandis que le Compte épargne BNP Paribas plafonne à 0,10%.
Les super-livrets jouent la carte promotionnelle
En juillet 2026, les livrets promotionnels affichent un taux de base moyen de 1,62% brut. Les rendements bonifiés grimpent “jusqu’à 6% avant impôts chez Cashbee jusqu’à fin juillet”.
Ces offres alléchantes restent temporaires, généralement “valables sur quelques mois (2 mois pour le 6% en l’occurrence, puis 1,90% après la période de promo)”. Avec la flat tax à 31,4%, un taux brut de 0,50% ne rapporte que 0,34% net, tandis qu’un taux boosté de 6% redescend à 4,12% après prélèvements.
Le seuil critique pour préserver son pouvoir d’achat
L’Insee estime l’inflation annuelle à 2% pour 2026, comparant les prix de l’année aux niveaux de 2025. Cette donnée constitue le point de référence pour tous les épargnants.
“Seul un rendement net de 2% ou plus va donc préserver votre pouvoir d’achat en 2026.” Dans ce contexte, rares sont les placements qui franchissent réellement ce cap sans prise de risque significative.

