Le Livret de Développement Durable éclipse le Livret A en 2025

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L’épargne des Français connaît une redistribution notable. Un produit financier longtemps resté dans l’ombre gagne du terrain face au champion historique des placements sécurisés. Ce bouleversement témoigne d’une évolution des stratégies patrimoniales des ménages français.

Une ascension remarquable en 2025

Le Livret de Développement Durable et Solidaire séduit un nombre croissant d’épargnants. 500 000 nouveaux comptes ont été ouverts en 2025, portant le total à 27 millions de livrets actifs sur le territoire national.

Cette progression spectaculaire se traduit par une collecte nette de 1,4 milliard d’euros sur l’année. L’encours global grimpe à 165 milliards d’euros, enregistrant une hausse de 3,2%. Une performance qui dépasse celle du Livret A, limité à une croissance de 2% avec 436,9 milliards d’euros.

Des conditions attractives identiques

Les deux produits d’épargne proposent la même rémunération : 1,7% net d’impôt depuis le 1er août 2025. Cette exemption fiscale totale représente un avantage considérable pour les épargnants.

Le manque à gagner pour l’État s’élève à 427 millions d’euros pour le LDDS et 1,130 milliard d’euros pour le Livret A en 2025. Un sacrifice budgétaire qui favorise l’épargne populaire.

Des plafonds rapidement atteints

Le LDDS impose un plafond de 12 000 euros par livret. Plus de 8 millions de comptes ont déjà atteint ce seuil maximum, représentant 31% de l’ensemble des livrets ouverts.

Cette saturation massive témoigne de l’appétence des Français pour ce placement. L’encours moyen atteint désormais 6 174 euros fin 2025, confirmant une tendance haussière continue.

Une diffusion encore limitée comparée au Livret A

Malgré son succès, le taux de détention reste modeste. Seulement 48,5% des adultes possèdent un LDDS, contre 83% pour le Livret A. Un écart significatif qui s’explique notamment par les restrictions d’ouverture.

Chaque foyer fiscal ne peut détenir plus de deux LDDS. Les mineurs peuvent également ouvrir ce type de compte sous certaines conditions spécifiques.

Un placement souvent associé au quotidien

Les banques associent plus fréquemment le LDDS au compte courant que le Livret A. Cette proximité facilite les versements réguliers pour les Français souhaitant placer leurs gains de pouvoir d’achat.

La dimension solidaire encore timide

Depuis 2020, les détenteurs peuvent effectuer des dons aux acteurs de l’économie sociale et solidaire directement depuis leur livret. Les banques ont l’obligation de proposer cette fonctionnalité vers des associations, fondations ou coopératives labellisées ESS.

Toutefois, le bilan reste modeste. Les dons réalisés via le LDDS s’élèvent à 3,1 millions d’euros en 2025, contre 2,6 millions en 2024. Une progression encourageante mais qui reste marginale.

Un produit né de transformations successives

Le LDDS trouve ses racines dans le Compte pour le développement industriel, dont il a pris la succession en 2007. L’ajout du “S” pour “solidaire” intervient en 2016, marquant un virage vers l’engagement social.

Cette évolution sémantique reflète une ambition politique : orienter l’épargne vers des projets à impact positif tout en maintenant l’attractivité du produit.

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