Les feux qui ont ravagé plusieurs régions durant la saison estivale risquent de laisser des traces bien au-delà des cendres. Le secteur de l’assurance se prépare à une vague de réclamations sans précédent, avec des répercussions directes sur les portefeuilles des assurés.
Un nombre de dossiers inédit en perspective
Les compagnies d’assurance anticipent un afflux massif de déclarations de sinistres. Les dégâts touchent plusieurs centaines d’habitations, bien au-delà des épisodes précédents.
En comparaison, les feux de Gironde en 2022 avaient généré environ 2 000 déclarations. « Il y aura certainement beaucoup plus de dossiers qu’en 2022. En 2022, les incendies en Gironde avaient donné lieu à 2.000 déclarations de sinistres. On s’attend à beaucoup plus (cette année) parce que plusieurs centaines d’habitations ont été touchées », explique Stéphanie Duraffourd, porte-parole du comparateur Assurland.
Les entreprises également dans la tourmente
Le bilan ne se limite pas aux particuliers. De nombreuses sociétés ont dû cesser leur activité ou procéder à des évacuations. Elles devront elles aussi faire appel à leur assureur.
« Des entreprises aussi sont à l’arrêt. Il y aura certainement beaucoup plus de dossiers qu’en 2022, a priori », ajoute Stéphanie Duraffourd.
Des tarifs déjà en forte hausse
Les catastrophes climatiques répétées obligent déjà les assureurs à recalculer leurs grilles tarifaires. Cette année, les prix ont bondi de 13% au niveau national et de 20% en Gironde.
Ces incendies estivaux constituent un élément supplémentaire dans le calcul de la sinistralité, ce rapport crucial entre les indemnisations versées et les cotisations perçues.
Une augmentation progressive selon les territoires
Les hausses ne seront pas uniformes ni immédiates. Les compagnies étudient la récurrence des sinistres, le montant des réparations et l’exposition géographique aux différents risques.
L’expertise des destructions totales : un casse-tête
Évaluer le coût des habitations complètement détruites représente un défi majeur pour les experts. Ils doivent chiffrer précisément les reconstructions nécessaires.
« La difficulté », selon la porte-parole d’Assurland, « c’est qu’il va falloir estimer le montant des maisons qui doivent être intégralement reconstruites. Potentiellement, cela fait intervenir plusieurs corps de métiers du bâtiment (des artisans, des charpentiers, des menuisiers) pour déterminer le montant de ces reconstructions. Ça peut prendre quelques semaines pour estimer les montants des dégâts », souligne Stéphanie Duraffourd.
Délais étendus pour les victimes
Face à l’ampleur de la situation, les autorités ont réagi. Le gouvernement a prolongé jusqu’au 31 août 2026 le délai accordé aux sinistrés pour déclarer leurs dommages.
Cette extension laisse le temps nécessaire aux victimes pour constituer leurs dossiers, alors que le montant total des indemnisations reste encore inconnu.
Conseils essentiels pour les sinistrés
Les personnes touchées doivent agir rapidement. Il est crucial de déclarer les dommages sans tarder et de rassembler tous les justificatifs disponibles.
Les assureurs prendront en charge certains frais annexes prévus contractuellement, notamment le relogement temporaire des habitants. Le suivi rigoureux des démarches demandées reste indispensable.
Les conséquences financières pourraient s’étaler sur plusieurs mois, le temps que les expertises et les indemnisations soient finalisées.

