Le secteur de l’immobilier ancien traverse une période de turbulences. Entre tensions géopolitiques, campagne présidentielle et fluctuation des taux, les acteurs du marché scrutent chaque indicateur avec attention. Les derniers chiffres révèlent une dynamique contrastée qui interroge sur l’avenir du secteur.
Des prix en légère baisse sur l’ensemble du territoire
Le deuxième trimestre 2026 affiche un recul de 0,8% des prix par rapport à la même période de l’année précédente. Cette diminution marque un tournant après une relative stabilité observée lors des trois premiers mois de l’année.
Les maisons enregistrent la correction la plus importante avec une baisse de 1,3%, tandis que les appartements résistent mieux avec seulement 0,1% de déclin. Cette tendance fait suite à une hausse de 1,1% constatée sur l’ensemble de 2025.
Un volume de transactions qui se maintient
Entre juillet 2025 et juin 2026, les professionnels comptabilisent 958 000 transactions sur le territoire national. Ce volume témoigne d’une stabilisation depuis le début de l’année 2026.
La reprise amorcée entre fin 2024 et fin 2025 semble avoir atteint un palier. Le marché affiche désormais une certaine constance dans les échanges, malgré le contexte économique incertain.
Les taux d’intérêt sous surveillance permanente
Le coût du crédit immobilier constitue un facteur déterminant pour l’accessibilité à la propriété. En juin 2026, le taux moyen s’établit à 3,27% pour les nouveaux prêts accordés.
Pour les emprunts de 20 ans et plus, tous frais compris, le taux atteint 3,97% au deuxième trimestre. Ces niveaux font suite au rebond amorcé mi-2022, conséquence directe de l’inflation provoquée par la hausse des hydrocarbures.
L’Île-de-France résiste mieux que le reste du territoire
La région capitale enregistre une baisse limitée à 0,3% des prix globaux. Cette relative résilience masque toutefois des disparités entre les différents types de biens.
Les maisons franciliennes subissent un repli de 1,5%, pendant que les appartements progressent de 0,3%. Le prix moyen du mètre carré en appartement s’affiche à 6 130 euros dans la région.
Paris maintient des tarifs élevés
Dans la capitale, le mètre carré atteint 9 560 euros en moyenne. Ce niveau confirme la position particulière de Paris sur l’échiquier immobilier national, malgré les tensions observées ailleurs.
Les régions provinciales davantage touchées
Hors Île-de-France, la diminution des prix s’accentue avec un recul d’1% sur un an. Les maisons subissent une correction plus marquée que les appartements dans ces territoires.
Cette différenciation géographique souligne les écarts de dynamisme entre la région parisienne et le reste de la France. Les facteurs locaux d’attractivité jouent un rôle croissant dans l’évolution des tarifs.
Un contexte politique et géopolitique pesant
Loïc Cantin, représentant de la Fnaim, pointe les implications de la guerre au Moyen-Orient et des campagnes électorales sur le marché immobilier. Ces facteurs externes perturbent les décisions d’achat et d’investissement.
La campagne présidentielle nationale crée une période d’attentisme chez de nombreux acquéreurs potentiels. L’incertitude politique freine traditionnellement les projets immobiliers de grande envergure.
Le pouvoir d’achat directement affecté
Les tensions géopolitiques impactent directement la capacité d’investissement des ménages. L’inflation importée pèse sur les budgets et réduit les marges de manœuvre financières des candidats à l’accession.
Des professionnels prudents sur l’avenir
Élodie Frémont, des Notaires du Grand Paris, observe une lente progression et souligne la fragilité du marché francilien. Les incertitudes liées à l’environnement économique et politique maintiennent la prudence.
Les experts restent attentifs aux prochains indicateurs. L’évolution des mois à venir déterminera si la stabilisation actuelle se confirme ou si de nouveaux ajustements s’opèrent.

