Les arnaques bancaires se multiplient et touchent quotidiennement des milliers de Français. Lorsqu’un client se retrouve piégé par des escrocs, l’établissement financier accepte-t-il toujours de prendre ses responsabilités ? Une récente décision de justice apporte un éclairage important sur cette question.
Un piratage téléphonique aux conséquences désastreuses
Tout commence début août 2025, lorsqu’une consommatrice souscrit un crédit renouvelable chez Cetelem, filiale de BNP Paribas Personal Finance. L’emprunt doit être remboursé sur dix mois, sans aucun frais.
Peu après, la cliente reçoit un message électronique suspect. Les fraudeurs lui réclament une copie de son passeport ainsi que son RIO. Ces informations permettent ensuite aux pirates de tenter un transfert de sa ligne téléphonique.
Face à cette menace, la victime dépose immédiatement plainte pour récupérer le contrôle de son numéro. Mais le piège est déjà en place.
Près de 2 000 euros débités frauduleusement
Le 25 août, la mauvaise nouvelle tombe. La carte Cetelem a servi à effectuer près de 2 000 euros d’achats que la titulaire n’a jamais réalisés.
La cliente réagit sans attendre : dépôt de plainte, opposition sur sa carte et révocation de l’autorisation de prélèvement. Toutes les démarches classiques d’une victime de fraude bancaire.
L’organisme de crédit rejette sa demande
Cetelem refuse pourtant de rembourser. L’établissement affirme que la cliente a elle-même validé les paiements en utilisant un code reçu sur son téléphone portable.
Un argument qui ne tient pas compte du piratage de la ligne téléphonique dont la victime a été la cible.
La justice tranche en faveur de la consommatrice
Devant l’impossibilité de trouver une solution amiable, la cliente saisit le tribunal judiciaire de Dax le 4 février 2026. L’audience est programmée pour le 22 mai 2026.
BNP Paribas Personal Finance ne se présente pas lors de cette audience. Le tribunal examine néanmoins le dossier avec attention.
La charge de la preuve incombe à la banque
Les magistrats s’appuient sur le code monétaire et financier. Selon ces dispositions, c’est à l’organisme bancaire de démontrer que le paiement contesté a bien été autorisé par le titulaire du compte.
Or, BNP Paribas Personal Finance n’apporte aucune preuve en ce sens. Le tribunal condamne donc l’établissement à rembourser la somme de 1 922,24 euros majorée des intérêts.
L’organisme de crédit doit également verser 500 euros au titre des frais de procédure engagés par la plaignante.
Une décision qui pourrait faire jurisprudence
Cette affaire revêt une importance particulière. Elle pourrait servir de référence dans d’autres litiges similaires où un établissement bancaire refuse d’indemniser un client sans prouver sa responsabilité.
Le message adressé aux banques est clair : face à une contestation de paiement, elles doivent apporter des éléments tangibles démontrant l’autorisation du titulaire. Le simple refus ne suffit plus.

