Le secteur de la finance complexe fait l’objet d’un sérieux avertissement. L’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pointent du doigt de graves lacunes dans la commercialisation de certains instruments d’investissement sophistiqués. Les épargnants peinent à comprendre ce qu’ils achètent réellement.
Des instruments financiers au fonctionnement opaque
Les produits structurés constituent un instrument financier dont les gains et les pertes dépendent de l’évolution de certaines actions. Ils s’accompagnent généralement d’une protection du capital.
Malgré cette apparente sécurité, leur mécanisme reste complexe. Les autorités de régulation constatent que les distributeurs ne facilitent pas la compréhension de ces placements par les investisseurs.
Une transparence défaillante sur les coûts
L’AMF et l’ACPR relèvent de nombreuses situations de non-conformité à la réglementation en vigueur. La communication autour des frais constitue le principal point noir.
Les coûts s’intègrent indirectement dans le produit, ce qui rend leur compréhension difficile pour l’épargnant. La répartition opaque des revenus entre les différents acteurs aggrave encore cette situation.
Trois manquements majeurs identifiés
Les régulateurs pointent l’absence de séparation claire entre les coûts du produit et les coûts du service. Cette ventilation défaillante empêche toute analyse précise.
La présentation annualisée des frais pose également problème. Les distributeurs omettent souvent de mentionner spécifiquement les commissions que l’émetteur leur verse.
Des rendements décevants pour les investisseurs
Entre 2022 et 2024, la performance moyenne de ces produits s’est révélée inférieure à celle des marchés. L’impact négatif des coûts et de la protection du capital explique ce constat.
Les épargnants supportent donc une double peine : des frais élevés et mal expliqués, combinés à des résultats financiers en retrait.
Des recommandations insuffisantes avant souscription
Les régulateurs identifient des soucis dans les recommandations destinées à encadrer la souscription. Seulement un tiers des produits disposent de guidelines concernant l’âge maximum du souscripteur.
L’horizon d’investissement et l’exclusion de certains profils, comme les investisseurs prudents ou les mineurs, ne sont pas systématiquement précisés. Cette lacune expose des épargnants inadaptés à des risques inappropriés.

