Le dispositif de la retraite progressive connaît un essor spectaculaire dans l’Hexagone. En l’espace d’une année, le nombre de bénéficiaires a quasiment doublé, témoignant d’un réel engouement pour cette formule permettant d’aménager sa fin de carrière professionnelle. Cette alternative à la cessation brutale d’activité attire désormais des milliers de travailleurs en quête d’un nouvel équilibre.
Un succès qui se confirme dans les chiffres
À la mi-2026, 66 800 personnes profitaient de ce mécanisme, alors qu’elles n’étaient que 34 800 douze mois auparavant. Cette progression fulgurante illustre l’attrait croissant des salariés pour une transition en douceur vers la retraite.
Le dispositif permet de conjuguer activité réduite et début de perception de la pension. Les travailleurs diminuent leur temps de présence en entreprise tout en commençant à toucher une fraction de leur future retraite.
Comment fonctionne ce dispositif ?
Le principe repose sur une combinaison de revenus. Les bénéficiaires perçoivent d’une part leur salaire, calculé selon leur nouveau temps de travail, et d’autre part une portion de leur pension de retraite.
Cette formule évite la rupture brutale avec le monde du travail. Elle offre la possibilité de réorganiser progressivement son quotidien sans subir de choc financier trop important.
Les critères d’éligibilité
Trois conditions doivent être remplies pour y accéder. Le salarié doit avoir atteint 60 ans minimum et justifier de 150 trimestres de cotisation. L’accord de l’employeur pour un passage à temps partiel reste également indispensable.
Un avantage pour les employeurs aussi
Les entreprises y trouvent également leur compte. Le dispositif facilite l’organisation de la transmission des savoirs et prévient les départs imprévus qui désorganisent les équipes.
Étienne Rietzler, directeur général, souligne ce caractère sécurisant pour la structure. Éric Lalanne, directeur commercial, évoque quant à lui la possibilité de retrouver un équilibre de vie grâce à cette formule.
Des précautions financières à prendre
Malgré ses atouts, le dispositif exige une analyse approfondie de sa situation financière. La diminution du temps de travail entraîne mécaniquement une baisse des revenus qu’il convient d’anticiper.
Sylvie Delahodde témoigne de son expérience : elle perçoit 80% de son salaire et 20% de sa pension. Cette configuration lui a fait constater une diminution de 460 euros brut par mois sur ses revenus globaux.
L’impact sur la pension définitive
La réduction du temps de travail induit des cotisations moins importantes. Cette situation peut affecter le montant de la pension finale, un point que souligne Valérie Batigne.
Elle alerte sur la perte de droits à la retraite engendrée par un temps partiel trop conséquent. Les futurs retraités doivent donc bien mesurer les conséquences à long terme de leur choix.
La solution de la surcotisation
Pour compenser cette baisse potentielle, une option existe. Les salariés peuvent négocier une “surcotisation” avec leur employeur, permettant de maintenir un niveau de cotisation proche de celui d’un temps plein.
Cette démarche nécessite toutefois l’accord de l’entreprise et une discussion en amont. Elle constitue néanmoins un levier intéressant pour préserver ses droits futurs.

