L’ascension fulgurante du Livret d’épargne populaire témoigne d’un engouement croissant des ménages modestes pour ce placement avantageux. Un produit d’épargne longtemps méconnu qui connaît aujourd’hui un succès retentissant, portant les encours à des niveaux records.
Une progression spectaculaire du nombre de détenteurs
Le dispositif destiné à favoriser l’épargne des foyers aux revenus modestes connaît une croissance remarquable. De 6,9 millions de livrets en décembre 2021, le nombre est passé à 12,1 millions en 2025.
L’année 2023 a marqué un tournant décisif avec un bond de 2,5 millions de nouveaux livrets. En 2024, la croissance s’est poursuivie avec 200 000 unités supplémentaires.
Emmanuel Moulin, qui occupe désormais le poste de gouverneur de la Banque de France, s’est réjoui de cette dynamique positive. L’objectif fixé à 12,5 millions de LEP apparaît désormais à portée de main.
Des encours qui franchissent le cap des 84 milliards d’euros
Les montants placés sur ces livrets atteignent des sommets inédits. Fin 2025, l’encours total s’élève à 84 milliards d’euros, représentant une hausse phénoménale de 119% par rapport à 2021.
Le montant moyen détenu sur un LEP atteint 6 902 euros en 2025. Cette moyenne témoigne d’une utilisation significative du plafond autorisé.
Un plafond rehaussé qui change la donne
Depuis octobre 2023, les épargnants bénéficient d’un nouveau plafond de 10 000 euros. Cette augmentation a permis à davantage de ménages de maximiser leur épargne.
Fait remarquable : 44% des livrets dépassent déjà ce plafond. Ces comptes représentent à eux seuls 70% de l’encours total, démontrant la capacité d’épargne réelle de nombreux bénéficiaires.
Portrait-robot des détenteurs du LEP
La répartition des détenteurs révèle des tendances sociologiques intéressantes. Les plus de 65 ans constituent le groupe le plus représenté avec 38% des détenteurs et 46% des encours.
Les jeunes adultes s’intéressent progressivement au dispositif. En 2023, les 18-25 ans représentent 4% des détenteurs, une progression notable comparée à 2021.
Une répartition socioprofessionnelle révélatrice
Les agriculteurs exploitants affichent le taux de détention le plus élevé avec 33,5%, devançant les employés qui atteignent 29,2%.
Le profil type penche vers une majorité féminine (54%) et une forte présence de ménages monoparentaux. Les foyers aux revenus modestes et intermédiaires dominent largement.
Six millions d’éligibles passent à côté de l’opportunité
Malgré le succès du dispositif, un paradoxe persiste. Sur 19,5 millions de personnes éligibles au LEP, 6 millions n’en possèdent pas.
Nombreux sont ceux qui privilégient le Livret A, détenu par 55 millions de personnes soit 83% de la population. Pourtant, le LEP propose une rémunération supérieure : 2,5% contre 1,7% pour le Livret A à compter du 1er août.
Des efforts de communication qui portent leurs fruits
La Banque de France souligne l’impact de sa stratégie de sensibilisation. “Les actions de communication et les mesures de soutien en faveur de ce livret destiné aux ménages les plus modestes continuent ainsi de porter leurs fruits.”
Cette déclaration officielle confirme la volonté des autorités de démocratiser l’accès à ce placement avantageux auprès des publics prioritaires.

