L’abattement forfaitaire, actuellement avantageux pour de nombreux propriétaires, va subir une transformation radicale dans les prochains mois. Cette réforme, visant à réorienter le marché immobilier vers la location longue durée, pourrait bouleverser les stratégies d’investissement de milliers de propriétaires français.
Un coup de massue pour les loueurs en meublé non professionnels
Le régime micro-BIC pour les Loueurs en Meublé Non Professionnels (LMNP) sera profondément modifié à partir de 2026. Jusqu’à présent, ce dispositif fiscal offrait un abattement forfaitaire particulièrement avantageux de 50% sur les revenus locatifs, à condition que les recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 euros.
La nouvelle réforme prévoit deux changements majeurs :
– Le plafond de recettes sera drastiquement réduit, passant de 77
700 euros à seulement 15 000 euros
– L’abattement forfaitaire sera diminué de 50% à 30%
Ces nouvelles dispositions concerneront les revenus perçus à compter du 1er janvier 2025, qui devront être déclarés au printemps 2026.
Un impact financier considérable pour les propriétaires
Pour illustrer l’ampleur de ce changement, prenons l’exemple d’un propriétaire générant 20 000 euros de revenus annuels avec son meublé de tourisme. Actuellement, il n’est imposé que sur 10 000 euros grâce à l’abattement de 50%. Après la réforme, il sera imposé sur 14 000 euros, soit une augmentation de 40% de sa base imposable.
Cette modification fiscale touchera particulièrement les propriétaires de logements situés dans les zones touristiques attractives, où les revenus locatifs dépassent facilement le nouveau seuil de 15 000 euros annuels.
Les objectifs du gouvernement
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large des
pouvoirs publics visant à :
– Rendre la location saisonnière moins attractive fiscalement
– Inciter les propriétaires à réorienter leurs biens vers la
location à l’année
– Augmenter l’offre de logements disponibles, particulièrement dans
les zones tendues
Quelles solutions pour les propriétaires concernés ?
Face à cette nouvelle donne fiscale, deux options principales s’offrent aux propriétaires de meublés de tourisme :
1. Passer au régime réel d’imposition
Ce régime, plus complexe administrativement, permet de déduire l’ensemble des charges réelles : intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion, travaux, factures d’énergie… Il offre également la possibilité d’amortir comptablement le bien et son mobilier.
“Se rapprocher d’un expert-comptable pour anticiper le passage au régime réel avant la fin de l’année” est une démarche fortement recommandée.
2. Faire classer son bien en “meublé de tourisme”
Cette option permet de conserver l’abattement actuel de 50% jusqu’à 77 700 euros de recettes. Toutefois, elle implique des démarches administratives spécifiques et le respect de critères précis pour obtenir ce classement officiel.
L’urgence d’anticiper
Les propriétaires concernés ont tout intérêt à ne pas attendre 2025 pour s’adapter. Une anticipation dès maintenant permettra d’optimiser leur stratégie fiscale et d’éviter des surcoûts significatifs.
Pour ceux qui dépassent déjà le futur seuil de 15 000 euros, la question du passage au régime réel ou du classement de leur bien devient cruciale. L’inaction pourrait se traduire par une hausse substantielle de leur imposition dès 2026.


– Rendre la location saisonnière moins attractive fiscalement
– Inciter les propriétaires à réorienter leurs biens vers la location à l’année
Cette nouvelle fiscalité ne s’applique pas pour les locations à l’année ?
Cordialement