Vivre en couple sans être marié semble anodin, mais cela peut virer au cauchemar fiscal en cas de décès. Plus de sept millions de Français partagent leur vie en concubinage, sans imaginer les conséquences dramatiques qu’une disparition brutale pourrait entraîner. Entre taxation massive et risque d’expulsion, le prix de cette union libre peut s’avérer exorbitant.
Une fiscalité confiscatoire pour les couples non mariés
Le fisc ne fait aucun cadeau aux concubins. Contrairement aux époux, ils subissent une taxation de 60% sur la succession au-delà d’un maigre abattement de 1 594 euros.
Les chiffres donnent le vertige. Pour transmettre un patrimoine de 100 000 euros, l’addition grimpe à 59 000 euros de droits. Si le bien vaut 250 000 euros, la facture atteint 150 000 euros. Une ponction qui peut contraindre le survivant à vendre le logement familial.
Le risque d’expulsion du domicile commun
La menace ne s’arrête pas à l’aspect financier. Sans droits sur le logement, le concubin survivant peut être chassé par les héritiers légaux du défunt.
Cette situation devient encore plus complexe dans les familles recomposées. Les enfants d’une première union peuvent légalement reprendre le bien, laissant le partenaire sans toit.
Le PACS, une protection à condition d’être complété
Depuis la loi TEPA adoptée en 2007, les partenaires pacsés échappent aux droits de succession. Mais attention, le PACS seul ne suffit pas à protéger le survivant.
Il faut impérativement le coupler avec un testament désignant explicitement le partenaire comme héritier. Sans cette précaution, l’exonération fiscale reste lettre morte.
L’assurance-vie, un outil de transmission efficace
L’assurance-vie constitue une solution attractive. Elle permet de transmettre jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire sans subir la taxation à 60%.
Cette enveloppe offre une respiration financière considérable, surtout lorsque le patrimoine immobilier représente l’essentiel des biens du couple.
La SCI pour organiser la transmission du patrimoine
La Société Civile Immobilière représente une alternative intéressante. Elle autorise une cogérance ou une gestion successive du patrimoine immobilier commun.
Les statuts peuvent prévoir un droit de rachat prioritaire des parts, garantissant au survivant la possibilité de conserver le logement.
La clause de tontine, une option à double tranchant
Cette clause juridique désigne automatiquement le survivant comme unique propriétaire du bien. En théorie, elle résout le problème de la succession.
Mais elle comporte des risques majeurs. L’équilibre repose sur l’espérance de vie respective des partenaires et sur l’égalité de leurs contributions financières à l’acquisition du bien.

