Alors que l’Unédic croule sous une dette de plus de 61 milliards d’euros, le gouvernement a décidé de prélever une nouvelle fois dans ses caisses. Cette razzia financière, qui s’ajoute aux ponctions précédentes, compromet sérieusement les efforts de désendettement du régime d’assurance-chômage. Une décision qui fait grincer des dents chez les partenaires sociaux.
Une ponction massive sur les excédents prévus
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a officialisé la nouvelle. L’État compte récupérer 2,1 milliards d’euros sur l’Unédic en 2027, une somme qui correspond exactement à l’excédent que le régime espère dégager cette année-là.
Cette ponction ne constitue pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une stratégie gouvernementale déjà bien rodée. L’exécutif a déjà capté 12 milliards d’euros entre 2023 et 2026 sur les recettes du régime.
Un endettement qui refuse de baisser
Les projections initiales de l’Unédic tablaient sur une amélioration progressive de sa situation financière. L’organisme prévoyait de faire reculer sa dette à 59,4 milliards d’euros en 2027, puis à 55,4 milliards en 2028.
Ces prévisions reposaient sur les nouvelles recettes générées par différentes réformes. Mais les prélèvements de l’État, qui atteindront 4,1 milliards en 2026, viennent chambouler ces calculs. L’Unédic essuiera une perte nette de 2,3 milliards d’euros à cause de ces ponctions.
Une dette colossale héritée de multiples crises
Fin 2026, l’endettement du régime devrait culminer à 61,5 milliards d’euros. Ce montant astronomique s’explique notamment par le financement du chômage partiel lors de la crise sanitaire du Covid-19.
Les partenaires sociaux, qui pilotent l’assurance-chômage, ont tiré la sonnette d’alarme. Ils redoutent que ces nouveaux prélèvements n’aggravent encore davantage les risques d’endettement.
Les mesures d’économies déjà en place
Jean-Pierre Farandou met en avant ses efforts pour ramener l’Unédic vers l’équilibre budgétaire. Plusieurs dispositifs ont été mis en œuvre pour limiter les dépenses.
Une durée d’indemnisation raccourcie
Les chômeurs ayant quitté leur emploi via une rupture conventionnelle verront leur indemnisation réduite. Elle passera de 18 à 15 mois. Cette mesure devrait permettre d’économiser jusqu’à 800 millions d’euros par an à partir de 2029.
De nouvelles règles européennes avantageuses
Des règles européennes récemment adoptées permettront à l’Unédic de récupérer 880 millions d’euros annuels. Ces sommes concernent l’indemnisation des travailleurs frontaliers.
Un financement qui repose sur les employeurs
Les cotisations patronales constituent la principale source de revenus de l’Unédic. Les employeurs versent actuellement 4% du salaire brut pour alimenter les caisses du régime.
Depuis 2019, les salariés ne cotisent plus directement à l’assurance-chômage. Leur contribution a été remplacée par un prélèvement de 1,47 point de CSG, appliqué sur l’ensemble des revenus d’activité.

