Les négociations sur l’assurance chômage prennent un tournant controversé. Alors que le gouvernement réclamait initialement des efforts financiers limités, les organisations patronales proposent désormais de mettre à contribution des secteurs jusqu’ici épargnés, suscitant une vive opposition syndicale.
Un milliard d’euros d’économies visé par le patronat
Face à la demande gouvernementale de dégager 400 millions d’euros, les employeurs ont décidé de voir plus grand. Leur ambition : réaliser au moins un milliard d’euros d’économies sur l’indemnisation chômage.
Pour atteindre cet objectif, le Medef et ses alliés souhaitent élargir le périmètre des discussions. Outre les ruptures conventionnelles initialement ciblées, ils proposent de revoir les règles d’indemnisation des intermittents du spectacle et des travailleurs frontaliers.
Cette proposition a été catégoriquement rejetée par l’ensemble des organisations syndicales, qui y voient une remise en cause de régimes spécifiques.
Les intermittents priés de travailler 50 heures de plus
Hubert Mongon, négociateur du Medef, a dévoilé une piste concrète issue d’une étude de l’Unédic. L’idée : augmenter de 507 à 557 heures par an le seuil nécessaire pour qu’un intermittent du spectacle puisse bénéficier de l’assurance chômage.
Cette modification permettrait d’économiser 130 millions d’euros annuellement, selon les calculs patronaux. Mongon s’est montré confiant, affirmant que l’ensemble des pistes d’économies présentées pourrait même dépasser le milliard d’euros.
Une légitimité contestée
La CGT conteste fermement la légitimité des négociateurs interprofessionnels pour aborder des sujets sectoriels comme le régime des intermittents. Pour le syndicat, ces questions relèvent de branches professionnelles spécifiques.
Les syndicats campent sur les ruptures conventionnelles
Denis Gravouil, représentant de la CGT, rappelle que les ruptures conventionnelles constituent le sujet principal des discussions. Le syndicat propose une solution alternative : augmenter le forfait social sur les indemnités de rupture pour générer de nouvelles recettes.
Cette approche permettrait de renflouer les caisses sans toucher aux régimes spécifiques, mais elle ne semble pas convaincre le patronat.
Un gel des allocations dans les tuyaux
Parmi les mesures envisagées figure également le gel de la revalorisation des allocations chômage, normalement prévue en juillet prochain. Cette option semble faire moins de bruit que la réforme des régimes spécifiques.
Des avis divergents sur l’avancée des négociations
Frédéric Belouze, de la CFTC, a qualifié la séance de peu productive, constatant un manque de progrès notable. Il estime toutefois qu’un accord reste envisageable à terme.
Michel Beaugas, représentant FO, se montre beaucoup plus sceptique quant aux perspectives d’aboutir à un compromis. Jean-François Foucard de la CFE-CGC observe quant à lui des progrès minimes.
Une méthode de travail validée
Malgré les désaccords de fond, organisations patronales et syndicales sont parvenues à s’entendre sur la méthode de travail. Un échange de propositions est prévu avant la prochaine séance de négociation, fixée au 19 février.
Cette échéance sera déterminante pour savoir si les partenaires sociaux parviendront à trouver un terrain d’entente ou si les positions resteront irréconciliables.

