Le paysage fiscal français connaît des turbulences qui touchent particulièrement les personnes âgées. Entre réformes fiscales contestées, crédits immobiliers en plein essor et dispositifs d’exonération limités, l’année 2025 dessine un tableau contrasté pour les contribuables et les propriétaires.
Une facture fiscale alourdie pour les seniors
Les retraités s’apprêtent à subir un alourdissement significatif de leur imposition. Une réforme envisagée du plafond de l’abattement fiscal pourrait coûter cher aux pensionnés.
Un senior qui déclare 45 280 euros de pensions annuelles devrait s’acquitter de 458 euros supplémentaires. Cette augmentation découle d’un éventuel abaissement du plafond de l’abattement fiscal de 10% sur les retraites, qui passerait à 3 000 euros.
L’impôt grimperait ainsi de 5 207 euros à 5 665 euros pour ces contribuables. Selon le simulateur de MoneyVox, les retraités constitueraient la catégorie proportionnellement la plus touchée par cette mesure.
Le crédit immobilier explose malgré des marges négatives
Les établissements bancaires ont distribué 171,3 milliards d’euros de crédits à l’habitat en 2025. Cette somme représente une progression spectaculaire de 29,3% comparée à l’exercice précédent.
Une stratégie commerciale paradoxale
Les marges à l’octroi demeurent pourtant négatives pour les banques. Cette situation paradoxale s’explique par une stratégie commerciale bien rodée.
Les établissements financiers utilisent le prêt immobilier comme un produit d’appel. L’objectif consiste à séduire de nouveaux clients et à rentabiliser ensuite la relation grâce à d’autres services.
Le compte courant, l’assurance emprunteur, l’épargne et les moyens de paiement génèrent les revenus complémentaires. Les banques maintiennent des taux compétitifs pour courtiser les emprunteurs malgré ce modèle économique fragile.
Vente immobilière post-Ehpad : aucun assouplissement prévu
Les personnes âgées qui intègrent un établissement d’hébergement n’obtiendront pas de facilités supplémentaires. Le gouvernement ferme la porte à de nouvelles mesures d’assouplissement.
Des conditions d’exonération restrictives
Un dispositif d’exonération de plus-value immobilière existe déjà. Toutefois, les conditions de ressources et les délais demeurent stricts.
Une députée avait formulé une proposition visant à assouplir ces critères. Le gouvernement n’a pas donné de réponse favorable à cette initiative parlementaire.
Cette décision maintient les contraintes actuelles pour les seniors qui doivent vendre leur logement suite à leur entrée en Ehpad.

