Le gouvernement dévoile les grandes lignes de son projet budgétaire pour l’année à venir. Entre rigueur financière et préservation du pouvoir d’achat, Sébastien Lecornu tente un équilibre délicat dans un contexte économique tendu marqué par un déficit public préoccupant.
Un budget conçu pour être modifié après la présidentielle
Le Premier ministre Sébastien Lecornu présente un projet budgétaire aux contours inédits. Il promet un texte “réversible”, avec des dispositions que la future majorité issue de l’élection présidentielle pourra ajuster.
Les arbitrages annoncés se veulent “difficiles” mais pas “brutaux”. Cette approche vise à ménager les équilibres politiques tout en tentant de redresser les comptes publics.
Les retraités appelés à participer à l’effort collectif
Les pensionnés constituent la principale cible de ce budget. Le gouvernement envisage de leur demander une contribution de 6 milliards d’euros, un montant considérable dans l’effort global d’économies.
La piste d’une désindexation des pensions les plus importantes par rapport à l’inflation est sérieusement étudiée. L’exécutif prévoit également des ajustements sur l’abattement de 10% appliqué sur les retraites pour financer l’indexation des autres pensions.
Des objectifs économiques ajustés à la réalité
L’exécutif table sur une croissance de 1% pour l’année prochaine. Un chiffre modeste qui reflète les incertitudes pesant sur l’économie nationale et internationale.
Le déficit public devrait rester inférieur à 5,1%. Le gouvernement s’aligne ainsi sur son ambition de ne pas aggraver la situation par rapport à 2025, année qui servira de référence.
Préservation du pouvoir d’achat des contribuables
Bercy écarte toute augmentation de la fiscalité. Aucune hausse d’impôts n’est prévue dans ce projet de loi de finances, une ligne rouge affichée par l’exécutif.
Le barème de l’impôt sur le revenu sera indexé sur l’inflation. Cette mesure évitera aux ménages de subir une hausse mécanique de leur imposition liée à la progression des salaires.
Des coupes ciblées dans les dépenses publiques
L’effort budgétaire se concentre massivement sur la réduction des dépenses de l’État. Les ministères du Travail, de l’Agriculture et de la Santé verront leurs enveloppes diminuer, tout comme l’aide publique au développement.
À l’inverse, plusieurs secteurs bénéficieront d’augmentations budgétaires. La Défense, la Justice, l’Intérieur, l’Éducation, la Recherche, l’Écologie, le logement social et l’apprentissage obtiennent des moyens supplémentaires.
Les grandes entreprises maintenues à contribution
La surtaxe pesant sur les grandes entreprises sera reconduite. Le gouvernement promet néanmoins une diminution progressive de cette contribution exceptionnelle.
Plusieurs dispositifs fiscaux favorables aux entreprises sont préservés. Le crédit d’impôt recherche (CIR) et le pacte Dutreil, qui facilite la transmission d’entreprises familiales, sont maintenus intégralement.
Un nouveau pacte pour la transmission des PME
L’exécutif lance le “pacte Papin”, un dispositif destiné à favoriser la reprise des petites et moyennes entreprises par leurs salariés. Cette mesure vise à préserver le tissu économique et l’emploi lors des transmissions d’entreprises.
Parallèlement, le gouvernement examine certaines niches fiscales qui profitent particulièrement aux contribuables les plus fortunés. Des réformes ciblées pourraient voir le jour.
Faciliter les donations entre générations
Des mesures temporaires visent à encourager les transmissions patrimoniales au sein des familles. Le plafond des dons exonérés de taxation passe de 31 865 à 50 000 euros.
Ce relèvement substantiel permettra aux familles de transmettre plus facilement leur patrimoine. L’État espère ainsi dynamiser l’économie en favorisant la circulation des capitaux entre générations.

