La bataille des placements préférés des Français connaît un tournant majeur. Alors que les épargnants scrutent chaque dixième de pourcentage pour optimiser leurs économies, un placement historiquement plébiscité perd du terrain face à son concurrent de toujours. Les chiffres de 2025 et les projections pour 2026 révèlent une tendance inédite qui pourrait redistribuer les cartes de l’épargne française.
Une performance exceptionnelle pour les fonds en euros
En 2025, les fonds en euros ont affiché un rendement moyen de 2,65%, marquant une année particulièrement favorable pour les détenteurs de contrats. Ce taux s’est traduit par un rendement net de 1,29% après application des prélèvements sociaux de 17,2%.
La vraie victoire réside dans le rapport à l’inflation. Le placement “a servi en 2025 l’un de ses meilleurs taux net d’inflation. Ce dernier ressort à 1,75%, ce qui n’était pas arrivé depuis 2015”, soulignent les analystes. Cette performance marque un retour gagnant après plusieurs années difficiles.
Le Livret A peine à suivre le rythme
Le célèbre livret réglementé a enregistré un rendement moyen de 2,16% en 2025, soit un taux net d’inflation de 1,27%. Depuis le 1er février, son taux a été réduit à 1,50%, creusant davantage l’écart avec son concurrent.
Les 58 millions de Livrets A totalisent désormais 444,6 milliards d’euros de dépôts. Le mois de mai a même vu l’encours diminuer de 630 millions d’euros, témoignant d’une utilisation accrue des fonds par les épargnants.
2026 : un fossé qui se creuse davantage
Les prévisions pour l’année en cours annoncent une divergence encore plus marquée. Good Value for Money anticipe une hausse du rendement des fonds en euros à 2,90%, soit 2,40% net après prélèvements sociaux.
Cette progression s’explique par la composition des portefeuilles : les obligations représentent entre 60% et 95% des actifs des fonds en euros. La hausse des taux d’intérêts sur ces titres profite directement aux épargnants.
Le Livret A anticipe une légère remontée
Du côté du livret réglementé, les experts prévoient un taux compris entre 1,7% et 2% au 1er août prochain. Sur l’ensemble de l’année, le rendement moyen devrait avoisiner 1,75%.
L’écart entre les deux placements pourrait ainsi atteindre 0,65 point de pourcentage, un différentiel rarement observé qui redessine l’attractivité relative de ces produits d’épargne.
Une collecte historique pour l’assurance vie
Les flux financiers confirment ce basculement des préférences. Good Value for Money qualifie l’exercice en cours comme “Après un exercice 2025 exceptionnel, le cru 2026 de l’assurance vie sera probablement le meilleur de la décennie”.
Le mois de mai illustre parfaitement cette dynamique : 14 milliards d’euros ont été versés contre 10 milliards retirés, générant un solde positif de 4 milliards d’euros.
Des encours qui atteignent des sommets
Fin mai 2026, les encours totaux ont grimpé à 2 162 milliards d’euros. Sur un an, cette progression de 5,7% représente une augmentation colossale de 117 milliards d’euros.
Ces chiffres témoignent d’un regain de confiance massif des Français envers ce placement, longtemps critiqué pour ses rendements jugés insuffisants dans un contexte d’inflation élevée.

