Les chiffres parlent d’eux-mêmes et révèlent une tendance alarmante. La jeunesse française se trouve de plus en plus piégée dans une spirale d’endettement. Un phénomène qui prend de l’ampleur et mobilise désormais les instances de régulation financière.
Une explosion des dossiers chez les 18-29 ans
Les jeunes adultes représentent aujourd’hui 12% des dossiers de surendettement déposés en 2025. Un bond spectaculaire quand on sait que cette proportion atteignait à peine 5% en 2022.
Cette augmentation drastique s’inscrit dans un contexte général de hausse. L’an dernier, 150 000 dossiers de surendettement ont été enregistrés, soit une progression de 9,8% par rapport à 2024.
Toutefois, sur une période plus longue, la tendance demeure à la baisse. Les chiffres actuels restent inférieurs de 32% à ceux de 2015.
Les paiements fractionnés pointés du doigt
Les experts identifient clairement les responsables de cette dégradation. La diffusion croissante des paiements fractionnés et des mini-crédits constitue le principal facteur.
Ces formules de financement représentent désormais près de 15% des crédits à la consommation. Des acteurs non-bancaires, notamment les sites de vente en ligne, les proposent massivement.
Emmanuel Moulin insiste sur la nécessité d’encadrer strictement ces pratiques. Il appelle à des contrôles renforcés dans un contexte où la directive européenne CCD2 prévoit justement un encadrement en novembre prochain.
L’inflation et le marché du travail aggravent la situation
Les difficultés financières des jeunes ne s’expliquent pas uniquement par les nouveaux modes de crédit. Les effets retardés de l’inflation de 2022-2023 continuent de peser lourdement.
L’accès compliqué au marché du travail et au logement fragilise davantage cette population. Ces obstacles structurels créent un terrain favorable au surendettement.
Près de 5 millions de Français en fragilité financière
Le problème dépasse largement la seule question du surendettement. Fin 2025, les établissements bancaires identifiaient 4,8 millions de clients en situation de fragilité financière.
Ce chiffre marque une hausse de 5,1% sur un an. L’Observatoire de l’inclusion bancaire salue néanmoins les efforts des banques pour améliorer le repérage précoce de ces situations.
Un observatoire créé pour protéger les plus vulnérables
L’Observatoire de l’inclusion bancaire surveille les pratiques des établissements de crédit depuis 2013. Cette instance émet des recommandations ciblées, particulièrement pour les populations financièrement fragiles.
Son rôle devient crucial face à l’augmentation des difficultés financières touchant les jeunes générations.

