Le paysage bancaire français poursuit sa transformation radicale. Les établissements accélèrent la fermeture de leurs points de vente physiques, bouleversant les habitudes des clients et redéfinissant leur présence sur le territoire. Cette évolution témoigne d’un secteur en pleine mutation, tiraillé entre contraintes économiques et révolution numérique.
Un recul massif du réseau bancaire physique
Selon les données d’Infostat Marketing révélées par Les Echos, 711 agences bancaires et de courtiers ont disparu du territoire au cours de l’année 2025. Ce chiffre marque une diminution de près de 2% du nombre total d’établissements.
Le réseau bancaire français comptait 36 422 agences fin 2024. Douze mois plus tard, ce nombre s’établit à 35 711 agences. Cette tendance s’inscrit dans la continuité de 2024, année qui avait déjà enregistré un recul similaire.
SG et BNP Paribas en tête des suppressions
L’ex-Société Générale, désormais baptisée SG, mène le mouvement avec 183 fermetures d’agences en 2025. Infostat Marketing dénombre 1 940 agences fin 2025, tandis que la banque revendique elle-même 1 869 sites fin décembre, dont 1 325 agences.
BNP Paribas suit avec 76 suppressions. Son réseau passe de 1 621 à 1 545 agences selon Infostat Marketing. L’établissement avait annoncé en 2025 son intention de fermer 500 agences d’ici 2030.
LCL adopte une approche plus modérée avec seulement 12 fermetures. Le réseau se contracte légèrement, passant de 1 389 à 1 377 points de vente.
Les banques mutualistes n’échappent pas au mouvement
Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale réduit la voilure
Cette entité, qui regroupe 14 alliances fédérales de Crédit Mutuel et le CIC, enregistre environ 120 fermetures d’agences en 2025. Son parc actuel compte 4 100 points de vente.
Tensions sociales au Crédit Agricole
Le leader français du secteur supprime 106 agences durant l’année. Infostat Marketing comptabilise 5 171 points physiques, tandis que l’établissement revendique 5 304 sites.
Ces restructurations alimentent les tensions sociales. Un appel à la grève est lancé pour le 22 janvier, directement lié aux suppressions de postes et aux fermetures d’agences.
Caisse d’Épargne et Banque Populaire allègent leur réseau
La Caisse d’Épargne procède à 80 suppressions de sites, ramenant son réseau à 2 577 agences. La Banque Populaire ferme 41 établissements pour en conserver 3 413.
Le numérique au cœur de la stratégie bancaire
Les établissements justifient ces fermetures par la rationalisation des coûts et la numérisation des usages. La fréquentation des points d’accueil physiques diminue constamment, poussant les banques à repenser leur modèle.
Dans leur communication, les établissements présentent souvent ces opérations comme des regroupements d’agences plutôt que des fermetures pures et simples.
Les courtiers en crédit également touchés
Cafpi voit son réseau passer de 186 à 171 agences fin 2025. L’entreprise promet toutefois des ouvertures en 2026 pour inverser la tendance.
Empruntis se démarque en revendiquant un nombre d’agences similaire entre 2024 et 2025, maintenant ainsi son maillage territorial stable.

